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De Bordeaux à Marseille en passant par l'Artois,
De Metz jusqu'à Strasbourg pas une vaut Marie,
Il suffit d'un sourire et je reste sans voix ,
Pour moi quand elle est là, le temps c'est l'embellie.
Même le rossignol en mai sait son prénom,
Ne me chante-t-il pas, aime, aime-la encore,
La biche mime ses traits, la fleur courbe le front,
Même au soir l'hirondelle au ciel la commémore
Par l'aubépine en fleurs, par la rose et l'œillet,
Par le chant du torrent, avril me parle d'elle,
Boire avec les oiseaux, voila son doux secret,
Dans ses ombreux jupons la brise est solennelle.
Il n'est rien d'aussi beau que ses longs yeux ardents,
Où l'aurore se frotte à l'émouvant mystère
De deux colibris d'or, aux ailes-cils battants,
Jusqu'au chemin de l'âme et la magie opère;
Femme des longues nuits, flambante dés le soir,
Cette reine absolue, Eve, toujours plus belle,
Ensoleille mon cœur quand elle vient s'asseoir,
Tranquille au bord du lit, mon regard passerelle
Devinant sous la robe un galbe somptueux
Vient cueillir le trésor, mille fleurs hors la soie;
Je m'abandonne alors au rêve merveilleux
D'un soleil de mes doigts, une flamme flamboie,
Sur le chemin fleuri menant à ses lourds seins,
Je rencontre la grâce au nid doux des dentelles,
L'Olympe tout entier, sous les légers satins
D'un pouvoir merveilleux me touche de ses ailes.
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