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Naguère dans le Doubs, j'aimais à promener
Ma nostalgie au bois, voyageur solitaire,
J'avais déjà enfant le regard du berger,
Dans les sous-bois ombreux l'haleine de la terre,
Embaumait d'or, mon luth, heureux parmi les fleurs,
Souvent d'un cœur léger je déchiffrais la bise
Et le moindre parfum devenait un ailleurs,
Dans ma vieille forêt à la douceur exquise
Mes vers empreints d'amour exhalaient le bonheur,
Au devers du Mont-Bart je rêvais d'une fille
Romantique et timide, au visage charmeur,
Au corps avantagé d'une robe jonquille.
Un songe merveilleux encensait ma raison,
Je l'avoue aujourd'hui elle était Bavanaise,
Sa brûlante beauté, c'était mon Panthéon,
J'étais amoureux fou de son regard de braise,
Aux premiers jours d'avril je gravais son prénom,
Sur un foyard antique, à l'aide d'une lame,
Je traçais chaque lettre en rêvant de son front,
L'espoir guidait ma main, de même que mon âme;
J'étais adolescent, sage, ingénieux,
Le temps avait pour moi de la magnificence,
Je n'osais pas écrire un billet précieux,
Une lettre d'amour prouvant ma dépendance.
Blonde, brune ou châtain, j'aime la rose en talons,
Paris, n'en manque pas, divine et floréale,
Même si c'est vrai, j'adore les chignons,
Pas une vaut, les fleurs de ma terre natale,
A part évidemment un ange d'Orient,
La plus belle à mes yeux, la céleste Marie,
C'est un joyau serti, son pouvoir est si grand,
Voila pourquoi ma plume aime cette ancolie.
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