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Si la course du temps demeure inaltérable,
Le vol des souvenirs promène bien souvent
Les battements joyeux d'un frisson agréable,
Comme ombre qui nous suit assez dévotement
Un parfum nous ramène auprès du seuil antique,
Au pays bien aimé du lilas et des nids,
Dont la terre a gardé ce air mélancolique
Qui nous plaisait enfant sous les ombreux abris.
Se souvenir alors donne un sens à la vie
Et nous sentons la mains qui nous offrait l'amour,
Le soleil d'un regard rempli de poésie
Traverse vingt printemps revient faire sa cour,
Alors renaît en nous l'amusante peinture,
Des papillons, des fleurs à l'heure des moissons,
Ineffable pouvoir de la douce nature,
L'enfance et ses trésors c'est le miel des chansons.
Ce grenier poussiéreux c'est toute la jeunesse,
C'est l'âme du mystère à tout jamais vivant,
C'est comme un testament, oui mais sans la tristesse,
Une larme s'en vient l'amour c'est émouvant.
Dans l'âtre familier la cendre est chaude encore
Visages d'autrefois, chers portraits du passé,
Vos regards nous habite au soir comme à l'aurore,
Naguère nous sourit dans son cadre doré.
Quel homme ne connait, cet encens nostalgique,
Ce vin spiritueux qu'il faut boire d'un trait,
Oh! jours amer et doux, effluve de colchique,
Vous caresssez le coeur en gardant le secret.
Quand le chant d'un oiseau charme la souvenance,
Que le présent s'efface et remonte le cours
Jusqu'à la source bleue où patauge l'enfance
Chacun de nous retrouve une once des beaux jours.
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