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J’ai regardé mon rameau de poirier,
Branche morne et triste, abasourdie.
Pourtant les extrémités se sont arrondies
Allongées en amandes folles riaient.
Mais tout restait noir et brun, sévérité,
De l’hiver qui encore affirmait l’austérité.
Son destin paraissait clair : composter !
Rien de bon ne paraissait pouvoir éclater.
Pourtant, du vert de feuilles tendres et secrètes
A percé cet océan de bois dur à la sombre tête.
Couronnement inespéré, élan dansant, fête.
Et puis plus rien à attendre bonne poire.
La trêve est terminée, circulez, rien à voir.
Mais jamais, je n’ai voulu perdre espoir.
De l’eau sans me lasser, j’offrais pour boire.
Le réveil fut brutal au matin de ce jour.
Les pensées étaient sombres et lourdes.
Quand relevant la tête, je vis les fleurs,
qui, la nuit, étaient venues à l’heure.
Ni cérémonies, ni discours,
Champagne au long cours,
Macarons et petit-fours.
J’attendrai encore que viennent les grains
Confiant qu’en son temps les fruits viendront.
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