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Le soleil était haut dans le ciel, il était une heure,.
Les sous-bois les plus sombres, étaient claires,
Encore humides de la nuit, les feuilles à terre
Etaient brillantes, excitées de ces durs éclairs
Les tronc massifs drainaient sur elle la lumière
Je sentais monter sous mes pieds nus
La vibration de leur système racinaire.
La terre était vêtue d’un tapis moussue.
Je m’abandonnais. Tout était advenu.
Transpercée par l’énergie de l’univers,
Je fus pénétrée par cette force, étendue.
Mes cuisses, poitrine, ventre et même mes viscères
Se chauffaient au soleil ainsi que mon visage offert
Immobile, Eros et Thanatos étaient dans l’atmosphère.
Vibrations : il n’était plus possible de ne rien faire
Je me levais pleine de l’éblouissement solaire
Enlacer l’arbre le plus majestueux de la clairière.
Je me sentis feuille verte portée par les branches de miel
Puis ramure dansante vers l’azur pour épouser le ciel
Puis tige souple que l’on jouait comme d’une vielle
Le lierre qui habillait le tronc d’une tenue éternelle
M’excitait toute entière par son frémissement seul.
Ma bouche qui glissait sur l’écorce lisse buvait
L’eau qui ruisselait doucement. La pluie tombait.
Extase offerte par la nature qui renait chaque année.
Nue sous l’eau, mon corps en feu, pleine et vibrante
Chaque parcelle de ma peau se lavait de toute attente.
Les larmes mêlées de rires me nettoyaient, haletante.
Dans un soubresaut hilare, je me sentis bien vivante.
Je m’élevais jusqu’aux frondaisons fraiches, hydratantes.
Je connaissais la Joie véritable : chantante, envoutante.
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