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A un camarade poéte
( Pour yves )
C’est un livre d’images qui joue avec les mots,
Un gars qui profit’ bien d’sa retraite au flambeau,
Son arme c’est la plume et il sait bien tanker,
Comme tout pacifiste, il sait vous désarmer.
Je lis facilement le fond de ses pensées
Qui font aux convenances un joli pied de nez,
Ces mots sont des joyaux, c’est de l’orfèvrerie,
Ca vaut tous les Goncourt et les prix Médicis.
Ses textes sont subtils, et sans en avoir l’air,
Y’a toujours une idée qui se cache derrière,
Bien plus malin qu’un singe et rusé qu’un renard,
Moi, je le verrais bien rédacteur du Canard.
Je le dit simplement, la Mouche m’impressionne,
Et pourtant, moi les mouches, j’les ai pas à la bonne,
J’avoue que celle là, je veux pas l’écraser,
Et de ses propres ailes, je la laisse voler.
Ah ! oui, je vous le jure, quel drôle d’animal
Sa tournure d’esprit n’est pas vraiment banale,
Et l’on pourrait compter sur les doigts de la main
Les gens qui comme lui raisonnent aussi bien.
Il me fait rigoler tout autant qu’il me touche,
Il papillonne pas, chaque fois, il fait mouche,
Le bout de son stylo ressemble à un fleuret,
Sans avoir fait L’ENA, on comprend ses idées.
Ah ! ne lui parlez pas de ces écologistes
Qui dans leur ministère ne sont que des fumistes,
Lui, son écologie, c’est un champ, un ruisseau,
Un arbre qu’il caresse sous le chant d’un oiseau.
Lui sait s’émerveiller des choses toutes bêtes,
Qu’on croit insignifiantes mais ne sont pas surfaites,
Lui il prend tout son temps pour sentir une fleur,
Pour poser ses valises sans aller voir ailleurs.
Lui, ça lui fend le cœur quand il coupe son bois,
Il pense aux arbres morts, à la biche aux abois,
Il pense à l’écureuil, au cygne sur l’étang,
Plus précieux que les hommes qui sont bêtes et méchants.
C’est surement le vent qui souffle et lui murmure
Le sommeil de la nuit, l’éveil de la nature,
C’est surement l’idée qu’il a de la beauté
Qui fait lever ses yeux vers un ciel étoilé.
Il est pauvre en orgueil, lui sa seule richesse,
C’est son bout de jardin sur la terre de Bresse,
Il a choisi ce coin surement par amour,
C’est là qu’il veut tranquille y finir ses vieux jours.
Je ne lui passe pas de la brosse à reluire,
Je joue pas les faux-culs, car là, ça serait pire,
Il fait partie de ceux qui dans la société,
Sans donner de leçons vous apprennent à aimer.
Aimer la poésie qui guérit nos blessures,
Aimer aussi la vie même sans ses dorures,
Aimer tout simplement à perdre la raison
Comme chantait Ferrat sur des vers d’Aragon.
Voilà, en quelques strophes, j’ai brossé le portrait
Tel que je le ressent et sans exagérer,
De ce cher camarade qui vaut bien le détour
Avec ses calembours et son sens de l’humour.
Claude écrit le 13 Mars 2020
https://www.youtube.com/watch?v=sbJ1uY9Y83U
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