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Capriciosa

le mercredi 26 février 2020, à 13:19. Posté par Philip de Berg


Le songe est si fragile et s’accorde au Printemps,
Car, quand le jour s’octroie sous la couleur du Temps
L’imperceptible chant des nuées capricieuses,
Mon âme s’évapore aux cris des nuits boudeuses.

Regards sur nos frissons ; étangs mélancoliques.
Saurons-nous dire au cœur les soupçons nostalgiques
Qui dévastaient nos cris tandis qu’enfin repu,
L’éclat sauvage et nu d’un serment corrompu

Attache à nos désirs, la silencieuse plainte
D’un doute sans hasard qui décode la feinte
Pour mieux porter nos pas vers les nuits d’Autrefois.
Les chemins sans escale ont des airs discourtois.

Alors, dis-moi, Destin ! Serais-je déjà las
De ce vacarme fou, qui m’épargne ici-bas,
Quand sous le ciel clément, s’acharne la lumière
Pour me guider sans but vers l’ultime frontière ?
---------------------------------------
Je n’ai ni repentir, pas même une cachette,
Pour trouver un chemin sans pâle silhouette

« Souvent les caprices enfantent les repentirs » (Victor Chebuliez)

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commentaires ( 13 ) (Ajouter un commentaire)
mariepaule le mercredi 26 février 2020, à 15:00
Coucou Philip,
Ton poème et ni positif ni négatif,
car en fonction du temps "gris ou ensoleillé, nous, nous comportant différemment.
Ton dernier quatrain est fort il ne laisse perplexe, car en le lisant je me suis posée la question: que faire pour arrêter le temps qui passe et nous mène vers le mystère final.

Gros bisous Philip
Om
Marie
Il y a des questionnements, qui resteront sans réponses.

debbie le mercredi 26 février 2020, à 21:04
Bonsoir Philip, c'est une impression de sentiment d'impuissance face au temps qui passe, que je perçois dans ce poème. Une douceur morose. Une lettre au destin, qui est le même pour tous une fois que notre temps a passé. Alors profitons du présent, car le temps passe tellement vite. Merci de ce magnifique poème qu'on emmene avec soi pour prolonger la réflexion. Superbe photo aussi qui va si bien avec ton thème.
Belle soirée cher poète
Avec ma tendre amitié
Debbie

Philip (Jardin de Lune) le jeudi 27 février 2020, à 10:27
Pour MARIE :
Coucou Marie,
Alors, en reprenant la plume poétique, je m'aperçois qu'inconsciemment sans doute, je retombe dans le travers d'une écriture qui a des côté sombres. Bien que ton analyse soit nuancée et équilibrée, et envisage une face "ensoleillée".
En fait, il serait difficile de te dire mon intention dans ce poème.
Tu liras ci-dessous la réponse que je fais à Debbie sur sa genèse.
Dans le dernier quatrain, j'interroge directement le Destin ce qui colore de dramaturgie le propos. Mais bien sûr, passer à la fin du poème à la première personne est juste un effet proche de l'écriture de la tragérie grecque et ne m'implique nullement, personnellement dans le vécu d'un triste destin. Heureusement.
Ah, difficile d'écrire sur les petits oiseaux (sourire !) ce n'est décidemment pas mon style.
Gros bisous, Marie.
Philip

Pour DEBBIE :
Coucou Debbie ! Je terminais ma réponse à Marie en lui disant que je n'étais pas fait pour écrire de la poésie sur "les petits oiseaux".
C'est que mon approche littéraire de la poésie (à partir des Baudelaire et autres Verlaine et Rimbaud, était de considérer que le style poétique sied bien aux tourments du monde (mais pas que ! Heureusement).
Et encore, si tu connais William Blake, sa poésie confine à la folie.
Mais pourtant, à la lecture de ton commentaire, je peux te dire que dans l'intention, il n'y a rien de ce que tu écris. Et l'interpellation du Destin, à la fin du poème, n'est qu'un artifice pour rompre le rythme.

En fait voici la genèse du poème. Elle n'a rien à voir avec une belle intention poétique (sourire !).
Comme à mon habitude j'avais écrit sur un papier depuis un mois des morceaux de vers qui me passaient par la tête. Il y avait également les expression "esthetisme barbare" et "brouhaha de l'âme" que je n'ai pu utiliser dans le poème.
Le titre "Capriciosa" était un mot écrit sur ce morceau de papier. Mais j'avais juste noté le nom d'une...variété de pizza !!!
Alors ce fut le titre et il fallait bien que j'évoque la notion de caprice. Et tout naturellement les caprice du hasard ou de la vie.
Ca a donné ce poème. En tout cas des expressions assez….esthétiques à mon sens, dans l'écriture. Quand à leur portée lexicale, c'est beaucoup moins évident !
Amitiés et belle journée.
Philip

José le jeudi 27 février 2020, à 11:06
Une écriture très esthétique qui donne du relief et une sorte de gravité à son empreinte philosophique puisque interroger son destin c'est interroger de sa vie la direction et le sens.
Je comprends que cette interrogation devienne lancinante et capricieuse au fur et à mesure que les « étangs mélancoliques » du vécu grandissent car nous savons que le destin nous « guide vers l’ultime frontière ».
Je ne pense pas que l’on puisse prendre en main son destin (tellement de facteurs rentrent en jeu dans son mécanisme) mais prendre du recul sur soi c'est déjà agir sur sa vie, c’est assumer son histoire en l’ayant comprise, au besoin en se réconciliant avec elle, afin de laisser faire le destin et afin que l’ » ultime frontière » dont tu parles ne soit pas source d’angoisse mais de sérénité.
Amitiés et belle journée.

Philip (Jardin de Lune) le jeudi 27 février 2020, à 11:55
Merci mon cher José pour ton commentaire et surtout sa teneur qui est un regard lucide, mais je dirais aussi - et cela me ravit - "fouillé" de ta part sur tout ce que recouvre cette petite poésie.
Merci aussi d'y avoir trouvé ce que - sans doute immodestement - j'appelle mon esthétisme.
Pour être toujours aussi passionné de psychanalyse, je réalise qu'en fait, mon écrit recèle sans doute au niveau de l'inconscient - et c'est souvent prégnant dans le domaine de la poésie - la vision analytique que tu as du Devenir (je n'emploi pas le mot Destin, volontairement).
Tu as pointé deux expression presque "clés" de ce poème : les "étangs mélancoliques" (une formule impromptu qui a surgi de ma plume) et l'énigmatique (?) et indéfinie "ultime frontière".
A toi, l'angliciste délicat, je t'annonce que, très certainement maladroitement - je vais jeter mon esprit "copycat" en jetant mon dévolu sur William Blake ! Il revient en force à mes envies poétiques.
Avec toute mon amitié, José.
Philip.

debbie le jeudi 27 février 2020, à 17:27
Bonsoir Philip, je reviens après avoir lu ta réponse à mon commentaire. Comme quoi lorsqu'on làche un poème dans la nature, chacun se l'approprie à sa manière. Et même si l'intention que je lui ai porté n'était pas à la base celle que tu lui a donné, ça n'empêche que j'ai eu du plaisir à le lire et au final c'est le plus important. *sourire*
Belle soirée cher Poète et au plaisir de te lire à nouveau bientôt.
Avec ma tendre Amitié
Debbie

nisti le jeudi 27 février 2020, à 21:44
Une éternité que je n'étais pas venu, et je reparais dans le plus terrible des come-back

Content, même ravi, de voir que certains sont plus assidus sur ce site que moi, et ce "certains" te comprends, évidemment. Pour être tout à fait honnête, ton écriture me manquait. Retrouver des mots tels que les tiens fait plaisir, la forme est toujours aussi belle à mon goût, et je suis fier de saisir de mieux en mieux le fond, je crois que je progresse mdr

Très content de pouvoir toujours te lire en tous cas, mes amitiés

nisti

Philip (Jardin de Lune) le vendredi 28 février 2020, à 09:50
Pour NISTI :
Cher Nisti. Ton commentaire me fait énormément plaisir. Très sincèrement.
Mais, comme tu me suis sur mespoemes depuis le début, tu constates que mon style est toujours le même, malgré des inspirations différentes (pas facile de continuer à écrire, plus de huit ans après mon arrivée !).
Et puis, ce qui est int2ressant en ce qui te concerne c'est que tu es arrivé sur le site "presque gamin"....et les années passent, et tu as évidemment mûri. Donc ton regard sur le monde, sur la poésie, ton écriture et forcément ton regard d'aujourd'hui sur "ma" poésie. C'est l'avantage de pouvoir te suivre depuis longtemps.
Et je ne doute pas un instant que tu progresses, te connaissant. Je vais aller voit tes derniers poèmes. Avec toutes mes amitiés. Philip

Pour DEBBIE :
Peu importe, chère Debbie, si le lecteur a une interprétation différente de l'auteur. Car comme tu le dis, le poème ne nous appartient plus….et c'est la magie de la poésie de laisser une part d'imaginaire à celui qui va lire le poème.
Belle journée à toi.
Philip

micheline1940 le samedi 29 février 2020, à 19:45
Bonsoir cher Philip !
Je m'enthousiasme, et vous relis à plaisir comme aussi avec toujours autant de bonheur !
Vous savez combien mon âme a de profondes tristesses, et le thème que vous développez dans votre merveilleux poème accompagne parfaitement un état de morosité que les "savants" du XIXème siècle désignaient en ce terme peu approprié de "mélancolie"...
Le Temps qui passe, qui use, et fait souffrir, voilà un compagnon qu'il nous serait heureux de voir finir aux oubliettes ! Mais hélas, il y a ce sempiternel doute, cette peur de l'inconnu qui nous attend, ne nous lâche guère l'esprit, et chez nous, les romantiques, pour qui la moindre émotion fait trembler de bonheur ou pire, de chagrin, rien n'est plus présent comme aussi impalpable que ce sentiment de mort et d'infini...
Nous avons tous deux et quasi ensemble traité d'un presque même sujet sur notre dernier envoi.
Seriez-vous triste mon ami ? Ou bien mélancolique ? Je ne vous espère ni dans l'une ou l'autre situation, mais à votre clavier, interprétant une votre composition qu'il me plairait à entendre ! Bien à vous mon cher Philip, et veuillez croire ici, à mes très profonds sentiments d'amitié,
Micheline.

Philip (Jardin de Lune) le dimanche 01 mars 2020, à 18:47
Pour MICHELINE :
Bien chère Micheline. Merci pour ce long et très amical commentaire.
Je vous rassure tout de suite. Je ne suis point triste. En lisant mes réponses aux commentaires, vous aurez eu quelques éléments sur la genèse et l'intention de ce poème.
Mais il est bien vrai que la réflexion pour susciter le vertige du "tempus fugit" ! Il est vrai aussi que l'esprit romantique peut donner à une émotion bonheur ou tristesse.
Entendre mes compositions au piano. Elles sont bien modestes, mais suffisent à la sensibilité que j'y exprime et à l'émotion.
Je travaille en ce moment une petite adaptation piano de la merveilleuse bande-son du film "An affair to remember" (Elle et lui), un film culte dans le genre romantique avec Deborah et Cary Grant. Voilà, vous savez-tout.
Avec ma fidèle amitié, chère Micheline. Prenez bien soin de vous.
Philip.

cristalle le dimanche 01 mars 2020, à 19:59
Bonsoir Philip
Magnifique poème que je déguste avec delicatesse,on croirait lire des vers de Lamartine,une nostalgie emprunte de romantisme,tout est fluide et harmonieux .
Merci de nous faire partager ta belle écriture pleine de sensibilité et merci de nous faire passer un si agréable moment.....dans la fuite du Temps inexorable.Comme j'aimerais écouter la composition au piano!
Avec toute mon amitié
Bonne soirée
Martine

micheline1940 le lundi 02 mars 2020, à 15:45
Cher Philip,
Vous serait-il possible de m'envoyer par e-mail filmé votre prestation au piano ?
J'aimerais tant vous entendre jouer, et cela me ferait infiniment plaisir !
Merci par avance si vous pouvez satisfaire ce désir qui m'est élan vers votre musique que je devine déjà.
Vous avez l'art de l'écriture, et votre musique doit suivre la même voie de lumière.
Me contenterez-vous ?
J'espère vous entendre bien vite !
Affectueuses amitiés,
Micheline.

Philip (Jardin de Lune) le mardi 03 mars 2020, à 12:43
Pour CRISTALLE :
Bonsoir, chère Martine. Mille mercis pour ce si gentil commentaire.
Il est vrai, que je sais faire le pas de côté pour délaissé un instant mes chers Baudelaire, Verlaine, Rimbaud pour retrouver régulièrement Lamartine et son romantisme particulier. Mais dans mon écrit, nulle intention de chercher un exercice de style. Ton compliment n'en est que plus appréciable. Tu évoques la fluidité des vers. C'est à mon sens, un élément important de la tonalité d'un poème, surtout quand il est d'essence romantique. La "musique des vers" est essentielle. Mais bien franchement, ce n'est juste qu'un poème de ma petite personne, et la comparaison avec Lamartine est sans doute trop superlative ! Mais je ne boude pas mon plaisir du compliment.
Avec toute mon amitié. Philip

Pour MICHELINE :
Bien chère Micheline,
Mais hélas, je n'ai pas de prestation, ni filmée, ni sonore des moments où je joue du piano (en amateur, d'ailleurs, mais depuis si longtemps).
Il est vrai que mes quelques compositions sont empreintes, je le pense, d'une sensibilité pleine de fougue, ou à l'inverse, tout en retenue romantique.
En fait, pour un enregistrement , l'instrument doit être impeccablement accordé pour délivrer toute son harmonie. C'est aussi une des raisons pour lesquelles je n'enregistre pas ce que je joue.
Alors, il vous faudra juste imaginer.
Avec toute mon affectueuse amitié, également.
Philip.

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