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Le funambule
Ses chaussons de vertige tracent le fil d’acier
Où ses pas hésitants cherchent un équilibre,
Ses bras déploient leurs ailes, fragile balancier
Au dessus de nos têtes, dans un espace libre.
Danseur pour les étoiles, gracieuse ballerine,
Le corps de son ballet nous mime le sursis,
Tout pourrait basculer quand la perche s’incline,
Car ce n’est qu’à un fil que tient toute sa vie.
Au milieu de la foule, le silence superbe
Laisse échapper parfois un ou deux cris d’effroi…
Le vent retient son souffle, pas une tige d’herbe
N’oserait osciller, car tout est en émoi.
La lune en son quartier lui sert de luminaire,
Le guide pas à pas de sa lampe frontale,
Une simple lueur, pâle mais salutaire
Pouvant lui éviter une chute fatale.
La lumière le soude tel un arc électrique
Aux flèches du filin, soupçonnable passeur
Puisque chaque seconde peut être fatidique
A cette plume d’ange cherchant la pesanteur.
L’ultime contorsion fait que son corps se cabre
Pour prolonger la vie dans son cheminement,
Un défi à la mort qui de sa faux macabre
Voudrait bien certains soirs couper le fil du temps.
Enfantée des comètes, sa visible traînée
Dépose dans la nuit la ligne d’une ride
Laissant sur mon visage son ombre trépasser
Et tant de souvenirs se jeter dans le vide.
Claude poème de 2014
https://www.youtube.com/watch?v=yoJdEofnpc0
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