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Au col de l'encrier, la blanche porcelaine
Ravive l'univers authentique des fleurs,
Dans un coin de mon âme une chère encre ébène
Dépose le parfum d'adorables saveurs,
Emaillé de pastel, que le passé finance,
Bientôt un demi-siècle et reste le trésor
Imbibé de soleil, des souvenirs d'enfance,
Pour l'homme que je suis, c'est un nuage d'or.
J'aime venir m'asseoir au bord de la fontaine
Pour goûter à rebours, la bonne odeur de foin,
La sève d'églantine et l'ombre souveraine,
Où le simple bonheur de vivre sans besoin,
Le temps du porte-plume avait pourtant des charmes,
L'authentique tilleul a disparu depuis,
Les jours de mon printemps aujourd'hui sont des larmes,
De ce temps ma mémoire a gardé les épis,
Quand l'Occident s'enflamme alors j'ouvre le livre,
Celui de mes dix ans, aux pages de velours,
Cet encens dans mon cœur sous la neige et le givre
Ressuscite le ciel, témoin de mes beaux jours,
Du fond de mon esprit il me revient, paisible,
L'image de mon père une canne à la main,
De ces instantanés j'en veux faire une Bible,
Ce vivant souvenir pour moi reste divin,
Hier un rossignol chantait dans la ramure,
Pour l'enfant que j'étais, son air était touchant,
Dans sa robe émeraude avril et sa parure,
Emerveillaient mes yeux, ensoleillaient mon sang
Ne me demandez pas pourquoi je pleure encore,
Je pourrais vous répondre en humble pèlerin,
Que revenir au nid c'est célébrer l'aurore,
Le devoir d'un enfant au fond c'est son destin.
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