|
L’elisir d'amore
Au Quinze de la rue Quincampoix,
Dans la vaste capitale des Gaules
Une lourde porte aux ferrures armoriées
Marque l’entrée discrète d’une ruelle
Louise Labbé jadis l’a fréquentée,
Bravant l’insécurité de la venelle,
Et Casanova ici vint tout en émoi,
Au quinze de la rue Quincampoix,
Pousse la porte de cette antique demeure
Une étrange odeur portée par la poussière t'accueillera,
Fille du cuir suranné et des parchemins Immémoriaux,
des amas baroques issus de voyages au long cours,
et dans ce fatras indescriptible
D’un bureau noir comme le jais émane une étrange aura,
Ne le regarde pas, car si tu le fais, tu ouvriras le tiroir,
et dans le tiroir un parchemin lié à une fiole
par un ruban cramoisi tu trouveras,
Sur le ruban, à peine lisible dans la quasi obscurité tu liras :
Elisir d'amore di Maestro Casanova
et tu auras l’envie de l’ouvrir,
et tu auras l’envie de le humer,
Ne casse pas la cire scellant le flacon !
N’ouvre pas le flacon !
Car si tu le fais, ses effluves suaves viendront
Te câliner,
Te cajoler,
Te séduire,
T'envoûter,
Te transformer,
Et plus jamais la quiétude tu ne trouveras,
Car chaque femme en toi l’homme idéal verra.
|