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Je ne sais trop pourquoi, souvent au soir d'été,
Un triste sentiment sur mon âme se penche,
Comme un gouffre infini les ombres du passé
Festoient autour des fleurs, quand la douceur épanche
La caresse du vent sur l'or pur des moissons,
Que je vois folâtrer une faune attendrie,
La nuit descend en moi, par de lestes frissons,
Pour le souffle des Cieux, ceint de mélancolie,
Tout seul, sur le chemin j'interroge mon cœur,
Sentant les souvenirs sortirent de leur retraite
Un douloureux silence annonce la couleur,
Le jour ferme les yeux, le soir cher au poète
Berce péniblement les rayons du soleil,
Quand les derniers flambeaux inondent la nature,
Je m'assois à l'orée, à l'ombrage vermeil,
Sur un dais d'herbe en fleur semblant une gravure,
Et je pense à mon père, à mes roses d'antan,
Infantes du printemps couronnant ma jeunesse,
Moisson de ma mémoire, ivresse de mon sang,
Alors se fonde en moi l'amour et sa noblesse
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