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Ce n'est pas à Fréjus sur sa plage de rêve
Ni même à Monaco que je voudrais mourir,
C'est vers les monts Comtois que mon regard s'élève,
Si l'on me le permet et si je peux choisir
Près d'un lac assoupi dans un coin bien tranquille
Sur un perron massif du côté de Morteau
Dans l'air limpide et pur loin du monde futile,
Où les prés émeraude accueillent le ruisseau
C'est bien dans un terroir que l'âme se recueille,
parmi la paix des champs parfumé par les fleurs,
Sur sa terre natale où croît le chèvrefeuille,
La vigne et le sapin, ce n'est nul part ailleurs;
Est-il plus bel endroit pour terminé sa vie?
Que l'écrin où palpite une eau chère à son cœur,
Auprès de ses aïeux, haut lieu de l'harmonie,
Sous les derniers baisers d'un soleil enchanteur,
Par un beau soir d'été alors qu'un souffle tendre,
Apporte des vallons le parfum doux des bois,
Odeurs de son enfance où il fait bon comprendre,
L'âme des souvenirs, les charmes d'autrefois,
Pareil à ces chers jours qui résument la force
Magique du passé, racine de nos sens,
Comme l'odeur du vent où celle de l'écorce,
Du foin mûr, des blés d'or, des fumets du printemps,
Et des émotions, soleil de la pensée,
Sur le chemin d'école au temps du sac en cuir,
De l'encre et de la plume, à l'heure vaine éplorée,
Au jour où l'on regarde une hirondelle fuir,
Et nos premiers émois au calme d'une orée,
A l'âge ou la raison, comme une harpe au vent,
Célèbre chaque fleur comme une intime fée,
Au jardin merveilleux de l'amour rayonnant,
C'est lorsqu'il m'adviendra de ressentir la somme,
De me remémorer, ces pages de velours,
Que je veux revenir sur cette terre d'homme,
Où mon esprit rêveur se reporte toujours,
Au pays du comté, pour que mon cœur retrouve,
La saveur des forêts, des chemins, du bétail,
Pour encore estimer, cette pointe qui prouve,
Qu'il n'est rien de meilleur, qu'un retour au bercail.
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