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Adieu folle jeunesse
Une aube parmi les aubes
Ni plus colorée ; ni plus embaumée que les autres,
Une aube singulière pourtant ;
Le champ du rossignol avait perdu de son allant,
Le vol des hirondelles se faisait plus nerveux,
Même la caresse des premiers rayons de l’astre du jour
Tardait à réchauffer les immémoriaux murs mordorés,
Une aube bannissant l’insouciance de la jeunesse
Une aube qui voulait cacher son nom,
Une aube de faussaire ;
Elle était la dernière …
La dernière des filles de l’été,
Des langueurs Océanes et des joies créoles,
Des fenaisons brûlantes et des étoiles filantes,
La dernière accueillant en son sein les mutines lucioles,
Elle vint à nous discrète et câline
Comme une douce exhalaison
Prometteuse d’un premier frisson
Légère à l’instar d’une comptine
Porteuse des premiers frimas de l’hiver
Une aube chassant joies et trouvères
Une aube que nous voulûmes magnifier
Une aube que nous voulûmes oublier
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