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Loin des murs de Paris, de son bruit ancestral,
Où je vis désormais, il est un doux asile,
Qui se nomme Bavans, mon village natal,
Comme un monde céleste un lien indélébile
Arraisonne mon cœur au port de ce terroir,
Dans ce bourg Franc-Comtois que je sais authentique,
Sur les hauts de bel air à l'aube vient s'asseoir,
Le soleil adulé sur la plaine rustique,
Quand arrive en avril le gentil rossignol,
Que s'accroche au buisson une blanche aubépine,
Je guette l'oiseau roi, qui dés son premier vol,
Annonce aux amoureux la douceur argentine,
Dans ce cher coin de terre où dorment mes aïeux,
Je cueille la beauté de mon regard avide,
Un monde libertin, se fonde sous mes yeux,
Ce farouche bonheur d'une trace lucide,
Etreint d'or mon clocher, un amour sans égal,
En troublant mon esprit, ressuscite l'enfance,
Alors quand vient juillet le bois est un régal,
Surtout quand le soleil à l'ombre se fiance,
Ainsi d'anciens parfums accompagnent mes pas,
La fragrance des fleurs, telle une étrange flamme,
Eclaire mon chemin, comme au temps des lilas,
Et cette orfèvrerie ensoleille mon âme,
Le vent léger du soir où flotte volupté,
A travers le sentier raconte son histoire,
Une musique intime infiniment sacré,
Caresse mon archet, fidèle à ma mémoire
Le frisson des blés d'or, célèbre un souvenir,
Qui porte avec amour au cénacle la reine,
Comme une larme aux yeux qu'on ne peut retenir
De tous ces jours enfouis s'écoule une fontaine,
Pour celle dont le nom nous rappelle une fleur,
La muse du printemps, l'anémone Sylvie,
Chaque fois c'est pareil, un pincement au cœur,
Ravive ma jeunesse en moi se fortifie,
Toujours cet ange blanc, que je garde au grenier,
De ce jardin d'enfance il me reste une étoile,
Les roses, les œillets rêvent en mon panier,
Aujourd'hui sous l'encens mon cœur vous la dévoile.
A l'ombre d'une croix, elle dort pour longtemps,
Aux côtés de son fils, pas bien loin de mon père,
En l'enceinte fleurie au pays de l'encens;
J'offre à son souvenir la rose séculaire
Ecrit avec de l'or cet amour est vivant,
Il chante en ma mémoire alors même qu'un ange,
Une fleur d'Orient, épate mon présent
Pour mon cœur simplement c'est une autre mésange.
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