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Les Provenances le Retrait.
…..Hors du Sans-Fond d’Espace, d’Invisibilité, proviennent, de l’Incompréhensible et la Béance, le Nombre, les Prodigalités, sans autre Raison qu’Être, que Provenir, les Etants égarés pour un Temps dans le Temps éternel et vers l’Eternité du Rien, l’Indéchiffrable, le Sans Nom que le Rien à quoi sont projetés, retournant au Gouffre de l’Amont, les Vivants et les Choses...Hors du Sans-Fond d’Espace et d’Invisible, Jaillissements, Générations, Formes, Croissances et Corruptions ! Hors du Retrait qui toujours se retient, se dissimule dans le Procès de Provenance, Eruptions, Emergences, Eclosions ! Profusions, Présences et Mouvances reprises au Tréfonds, l’Abyssal, immergées, replongées, englouties et perdues, Battement inlassable : Déclosion, Reclosion !…
Naissances et Morts d’Etoiles dans l’Incommensurable ! La Nuit cosmique s’illumine et s’embrase, Fulgurance, retombe en sa Noirceur. Accrétions et Fusions incorporent les Matières, ajointent les Eléments en Accouplements gigantesques ! Physiologie sidérale ! Déflagrations, Arrachements, Respirations, Lueurs ! Naissances et Morts d’Etoiles ! Infatigables Provenances traversées de Retrait et d’Obscurcissement, frangé tout Être de Dissimulation, Dérobement des Origines et des Fins, Jour/Nuit, Dévalement, Intermittence, nous sommes envoûtés ! Cousus de Non-Humain et de Chair pathétique, Hors de nous, corruptibles, semi-conscients, nous ne sommes pas à Nous, étranges Etrangers qui se reconnaissent à peine dans l’Egarement des Alentours et des Lointains et la Foison des Choses, les Amis inconnus et le Chaos du Monde…
Inscrutables en Essence, toujours déjà perdues dans le Dévoilement lui-même, les Provenances n’ont cesse de hanter le Corps et la Parole, anonyme Murmure venu du profond Inaudible, Signatures difficiles nées de l’Indéchiffrable, l’Innommé court sous la Surface des Discours, Hiéroglyphes à demi-effacés, montés des Fonds obscurs. La Rumeur des Lointains questionne les Savoirs, Science, Pensée, Poème, l’Immensité d’un Espace désolé, toujours plus éloigné, plus vaste, plus dévasté, un Monde froid, d’Etoiles abolies. Qu’y a-t-il à vouloir, à rejoindre, à tenter si le Réel impose le Silence à nos Voix esseulées et barrées ? Nous sommes, Ô mes Amis, enténébrés d’une Lueur noire et fuyante et funeste ! Peut-être, les Rites de Mystères et de Célébrations sont-ils eux-mêmes, à jamais sinistrés ?…..
Nous sommes enveloppés aux Plis mouvants, mortels de la grande Physis, enserrés, délaissés dans la Caverne de Matière et de Chair sous un Soleil mourant, Funambules risqués et promis aux Précipices de la Mort, transis de Liberté, délivrés pour l’Errance, en Forêts inconnues, Routes au Bout de la Nuit, Ornières, Fossés, Gués périlleux, incessantes Lisières... De sanglante Naissance, Fissuration, Retrait, Souffrance, de prime Abord, nous sommes endeuillés, Silence, Oubli perdus, Deuil de l’Absence impassible de l’Être... L’Egarement, le Labyrinthe, les Voies tortueuses et ruinées et les Buts illusoires du Vrai, du Beau, du Bien, les Sortilèges du Sommeil et des Rêves, le Scandale absolu des Corps malades, des Cerveaux dévoyés, rongés de Démesure et de Débauche, l’Impensable qui bourdonne à la Tête en Essaims de Désirs, en Nuées de Chimères, l’Humanité comme en Enfer, les Monstruosités commises et subies et puis, parfois, de soudaines Clairières de Bonté, de Merveilles, la Splendeur surprenante d’ une Oeuvre ouvrant la Vérité apollinienne et dionysiaque, forment le Clair-Obscur, la Loi sans Loi, le Périple sans Fin et sans Destination du Monde, les Provenances et le Retrait…..
Je songe aux Naissances d’Etoiles dans l’Incommensurable, aux Chemins erratiques et de Pénombre que nous suivons en trébuchant, le Pied boiteux, les Uns les Autres, je songe au Fond illimité et silencieux dont nous venons, à l’Amont indicible des Vivants et des Choses, je songe à la Génération et à la Corruption qui dissimulent leur Essence, au Silence des Morts, à l’Abandon, à l’Imparticipable des Principes, au Recouvrement de la Terre, à la Souffrance, à la Jubilation de l’Exister, au Don et au Dérobement concomitant de l’Être, je songe aux Paroles tentées depuis le Fond des Âges, du Cri au Chant, pour dénouer l’Angoisse d’être né, de s’éloigner toujours vers la Rade inconnue où sans Retour se perdre, inexorable et délicieux Oubli…
Vivants-Mourants, nous reprenons sans cesse et tour à tour la Parole initiale, Jeu obscur d’un Enfant, montrer-cacher, jouant aux Dés : les Provenances le Retrait…..
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