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A toutes jambes tu dévales la montagne
Aride, en arpentant sentes et chemins creux.
Quel malaise profond te travaille et te gagne
Est-ce le souvenir de tous tes jours heureux ?
Au loin, la plaine est triste et le corbeau croasse.
Garde-toi des cailloux qui roulent sous tes pas,
Car il veut t’engloutir, le lahar de l’angoisse.
Alors fuis mais surtout ne te retourne pas.
Et même si tu cours, ton passé te rattrape
Sur la route, tout seul, livide et gémissant,
Où l’ajonc, le kermès qui déchirent ta cape,
Ont faim de tes mollets dont ils sucent le sang.
Les ombres de ta vie passent dans ta mémoire,
Se prennent aux cheveux, se marchent sur les pieds,
Comme une foule qui se bouscule à la foire,
Anonyme, ainsi que des rats dans leurs terriers.
Entends-tu dans le vent la chanson monotone
Tel un écho diffus où se cache sa voix,
Sa voix lointaine comme un enrouement d’automne
Perdue dans l’entrelacs des fourrés et des bois ?
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