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New England

le samedi 12 octobre 2019, à 02:04. Posté par Pierre (auteur : FARRELL GREHAN)









NEW ENGLAND





Des rues pavées, étroites et tortueuses aux lampadaires rétros, des maisons

De poupées aux teintes vives, aux rideaux de dentelles et aux heurtoirs de

Cuivre poli, des quais de bois usés, aux piles instables, face au large,

Des parcs au gazon épais où poussent des arbres que l’on jugerait peints

Et où s’égaient en toute liberté écureuils et enfants réunis, de vieux

Cimetières désuets aux tombes hétéroclites et désordonnées qui racontent

Le passé, des forêts quittant à regret villes et villages pour s’en aller

Courir sur l’infini des collines et d’où émerge parfois la fine aiguille d’un

Clocher éclatant, une nature excentrique où cerfs, ours, renards, castors,

putois … viennent se montrer sans craindre l’ Homme …



Ce n’est que lorsqu’il découvrira les énormes voitures aux chromes

Etincelants, lorsqu’il croisera les mangeurs de pop corn ou qu’il regardera,

Surpris, son voisin de table engloutir une moitié de dinde recouverte de

Gelée d’airelles, le tout arrosé de milk-shake à la fraise, qu’il réalisera enfin

Qu’il est aux Etats-Unis .



Mais ce n’est que lorsqu’il aura vu le jour finir sur les milliers d’îles boisées

Du Maine, lorsqu’il aura partagé dans la tiédeur d’une nuit d’été la joviale

Sagesse des habitants du Vermont, lorsqu’il aura grandi avec l’envie de

N’en plus jamais redescendre ces montagnes du New Hampshire, lorsqu’il

Aura meurtri sa langue aux imprononçables noms indiens des lacs et

Rivières du Massachussets, lorsqu’il aura laissé parler l’histoire des vieux

Voiliers du Connecticut, lorsqu’il aura enfin vécu dans les tavernes des

Ports la fièvre des grandes courses au large de Rhode Island, il aura

Compris qu’il ne s’est pas trompé de continent, mais simplement d’image .

Il réalisera alors qu’il est en Nouvelle-Angleterre .



Celle qui, de New York à la frontière canadienne, comprend quatre

Nouvelles-Angleterres qu’il ne connaît pas encore : le printemps,

L’été, l’automne et l’ hiver .



Forcément, tout cela lui rappellera quelque chose : on ne peut passer

Par Calais, Belfast, Lisbonne, Montpellier, Berlin, Orléans ou London

Sans penser à l’Europe, cette vieille Europe et à son histoire qui le

Ramène forcément à l’histoire de cette Nouvelle Europe, à cette Europe

Du Nouveau Monde . Alors, il réalisera qu’il lui faudra y revenir .



Le printemps ne fait que passer, trop court pour vraiment s’installer,

Mais suffisamment pour préparer l’été, et les oiseaux sont arrivés,

Tous les oiseaux .



Sans l’exubérance du chickadee, du robin, du pic-vert, du Blue-Jay, du

Gros-bec et des firches, la Nouvelle-Angleterre en été ne pourrait être

Ce qu’elle est . De la même manière, sans l’hiver, l’été de la Nouvelle-

Angleterre ne serait cette délivrance luxuriante .




Farrell GREHAN









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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
debbie le samedi 12 octobre 2019, à 06:35
Bonjour cher Pierre, magnifique écrit de Farrell Grehan où se mélange les saisons à l'amour de l'endroit. Un plaisir à lire et de se plonger dans le décor avec des images plein la tête. Merci
Un très bon weekend à toi cher ami
Bisous avec ma tendre Amitié
Debbie

rainbow le samedi 12 octobre 2019, à 10:23
Thanks a lot dear Debbie !!! All the Best,
Pierre

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