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L’ ETE INDIEN
Si l’ été a été reçu comme une récompense, l’ automne, lui, arrive comme
Une idylle. La Nouvelle-Angleterre s’ embrase, enflamme ses champs, ses
Forêts et ses collines, allume l’ incendie que ses lacs et ses rivières ne font
Qu’attiser. Même le bleu du ciel n’y pourra rien.
Sans qu’on la remarque, la première feuille est tombée, signal qu’attendaient
Sûrement les oies sauvages pour commencer leur longue migration vers le
Sud.
Dans les pierres des murets qui, du Maine au Rhode Island, sillonnent la
Nouvelle-Angleterre, cigales et autres insectes hurleurs poursuivent leur
Litanie comme si l’été n’avait pas eu de fin.
Un matin, la brume est restée un peu plus longtemps sur les lacs et la gelée
A été plus tenace.
L’automne, peu à peu, a caché la terre de ses millions de feuilles incandescentes,
Et les feuilles des arbres ont pris des rouges, des jaunes, des roses, des oranges,
des pourpres qui étincellent dans la brise. La terre se recroqueville doucement.
Alors que j’écris ces dernières lignes, des millions d’enfants américains sont
Dans un état d’excitation joyeuse. Le 31 Octobre, c’est la Fête de Halloween,
Le « Hallowed Evening » ou la « Vieille Sainte », fête pleine des mystères
Religieux et païens, dédiée à la mémoire des morts dont les âmes cette
Nuit-là vont hanter les rues des bourgs jusqu’à l’aube.
Nulle part comme en Nouvelle-Angleterre, cette fête semble plus en harmonie
Avec les saisons et les pays.
Les premières gelées ont déjà transformé le sol en un épais tapis de feuilles
Multicolores. La terre craque dès la disparition du soleil. La pleine lune
Renvoie sur les premières neiges de somptueux reflets.
Ce soir, villes, villages et campagnes, verront des ombres surexcitées
Qu’au passage sous les lampadaires on reconnaîtra :
Sorcières, squelettes, fantômes, fées, clowns, princesses, gitans ou
Vampires qui récolteront, de maisons en maisons, suffisamment de
Sucettes, bonbons, chocolats, sucres d’orge pour enrichir quelques
Mois plus tard, tous les dentistes du pays.
Farrell GREHAN
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