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Je ne demande pas la moindre complaisance,
Tant pis si mes propos vous attachent pantois,
Si vous trouvez plaisant ce monde en décadence
Vous allez me trouver certainement sournois,
Je serai le bourreau, l'ombre de vos prunelles,
J'aimais de mon pays les sous-bois ténébreux,
Et puis les vieux clochers entourés d'hirondelles,
Le rire des ruisseaux, les chemins poussiéreux,
Le royaume Comtois fleurait si bon la paille,
Qu'il garde en mon esprit, son immense pouvoir,
Chaque année en juin un ennui me tiraille,
Dans les jours transparents, respirait le terroir,
L'empreinte du passé, c'était un siècle d'homme,
Marchant dés le matin vers l'usine et les champs,
Ainsi pour quelques sous il connaissait la somme,
D'efforts et de labeurs, pour des bonheurs céans,
Aujourd'hui le frisson passe par les voyages,
Ils vont chercher ailleurs ce qui coule chez eux,
Ce qui brille au pays, dans leurs propres villages,
Il faut des mots Anglais pour les rendre heureux,
Chaque ferme se meurt, chaque étable est déserte,
Ils ne sont plus nombreux les sages paysans,
Il fait triste à mourir tant la plaine est inerte,
Pourtant il reste beau mon pays au printemps,
Quelque chose de doux, s'épanche dés l'aurore,
Un souffle parfumé caresse la douceur,
Tout comme au temps jadis au milieu de la flore,
Quand chaque vache avait un tendre nom de fleur,
J'aime écouter le soir les chants de mon enfance,
Je ne peux m'empêcher de me sentir ému,
Quand le soleil sourit je retrouve ma France,
Ce bonheur indolent que mon âme a perdu,
Par le cœur il me prend, son charme m'ensorcelle,
Quand s'enchante le vent le long des chemins creux,
Quand la forêt en fleurs, devient une chapelle,
Un écrin de velours, pour les divins aveux,
J'aime aussi les labours quand l'automne, se fonde,
Qu'octobre attire au champ, poètes et rêveurs,
Que des abeilles d'or, sur la plaine féconde
Ensoleillent les airs, les douçâtres langueurs.
Voila pourquoi ce soir avec une encre fine,
Je veux rendre un hommage en des vers lumineux,
A ma terre Comtoise où mon âme chemine
Je la reconnaitrais, même en fermant les yeux,
Il me faut être franc, toute la France est belle,
Certes, si je connais, Nice, Paris, Rouen,
Nul ne vaudra jamais mon humble citadelle,
Elle, reste un joyau dans l'or pur du couchant
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