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EYLAU (dédicace à PlumedeFou) - repost

le lundi 09 septembre 2019, à 11:48. Posté par Philip de Berg


    LA BATAILLE D’EYLAU

    (Récit imagé de la bataille d'Eylau, 8 février 1807)

    Respect au grand Victor Hugo

    Dans l’exil insoumis où dorment les colosses,
    Embaumés et lointains comme aux soirs ennuyés
    Meurent les jours promis aux appétits féroces
    De ces flots incertains aux soupirs agacés.

    Dans l’effroi écumant des blafardes campagnes,
    Le canon immobile affronte le silence
    Qui traîne en s’abîmant, sa sinistre compagne
    Amaigrie et fragile au cœur sans pertinence.

    Dans leurs linceuls dorés aux blondeurs tibérines
    Les pâles fantassins dorment d’un songe étrange
    Aux tourments maniérés de leurs nuits purpurines,
    Quand les fiers assassins s’enlisent dans la fange.

    Au tumulte précoce où s’endort, souverain,
    Un empire grandiose au cardinal orgueil,
    Répond une âme atroce au très amer dédain
    Qui fléchit et qui ose un pitoyable deuil

    Quand la fournaise blême à l’indicible jour
    Egaré, gémissant, accuse les bannis
    D’un méprisant blasphème au rythme des tambours
    L’empereur vieillissant sonde les Infinis.

    Dans son hasard hautain, il oublie la mitraille,
    Le canon qui réclame un tombereau de chair,
    Les obus abradants, émondant les murailles
    Pour que le cœur entame un indécent éclair.

    Quand, aux portes d’Eylau, en gueux pestiféré,
    La soldatesque aboie au milieu des cosaques
    S’effondre le drapeau de l’honneur enterré,
    Qui meurt et s’apitoie d’un mystérieux cloaque.

    Sur mon vieux galetas, témoin de ma misère,
    Je me revois, hurlant, appelant la victoire
    Rêvant de Magenta sous mes vaines prières,
    Mais, lentement, pleurant mon pauvre désespoir

    En plongeant dans l'enfer j’ai vu les feux sanglants
    Que triste couronnade avait anticipé
    En ignorant le crime absurde et aveuglant
    Pour que la canonnade emporte nos péchés.
    …………………………………………………………….
    Depuis Eylau, l'Empereur adressera une lettre à l'Impératrice Joséphine :
    "Mon amie, je suis toujours à Eylau. Ce pays est couvert de morts et de blessés. Ce n'est pas la plus belle partie de la guerre ; l'on souffre, et l'âme est oppressée de voir tant de victimes. Je me porte bien. J'ai fait ce que je voulais, et j'ai repoussé l'ennemi, en faisant échouer ses projets. Tu dois être inquiète, et cette pensée m'afflige. Toutefois, tranquillise-toi, mon amie, et sois gaie. Tout à toi".

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commentaires ( 9 ) (Ajouter un commentaire)
Philip (Jardin de Lune) le lundi 09 septembre 2019, à 11:53
Ce repost (d'un poème que j'ai écrit en 2014) est dédicacé à l'ami Plumedefou, avec qui nous avons échangé en commentaires, d'une manière générale, sur les absurdités des guerre.
Ici, j'avais à ma manière, "imaginé" une autre version poétisée de la Bataille d'Eylau. Le grand Victor Hugo avait laissé de son empreinte, le récité de cette bataille, dont le style de ce génie littéraire m'avait impressionné.
Amitié à toutes et à tous. Philip.

mariepaule le lundi 09 septembre 2019, à 13:21
Coucou Philip.

J'aime tous tes quatrains, même si la mort des hommes est présente "vu la guerre",..
Tes vers sont très prenants et nous plongent dans la peur car on ressent fortement la souffrance et la rudesse de cette guerre.

Ce quatrain est lancinant du moins pour moi "Dans l’effroi écumant des blafardes campagnes,
Le canon immobile affronte le silence
Qui traîne en s’abîmant, sa sinistre compagne
Amaigrie et fragile au cœur sans pertinence."
Heureusement que ces machines de mort ne sont pas intelligentes;..Quoique Philip des robots sont construits et ces machines là, sont presque humaines...

Gros bisous
OM
Marie

Philip (Jardin de Lune) le lundi 09 septembre 2019, à 14:23
Coucou, Marie.
Bien sûr, les poèmes descriptifs de ces folies de l'Homme - la guerre - appellent tant l'émotion, que l'effroi.
Le but était surtout, quand je l'ai écrit, de rebondir en écho, sur le cri de Prévert (repris par Eluard) : "quelle connerie la guerre".
Mais là, à la faveur de cet exercice de style, c'était aussi un hommage au génie littéraire de Victor Hugo.
Pour humbles que soient mes vers, mon admiration pour Hugo y est bien présente.
Gros bisous. Philip

Rachelle,guillaume le lundi 09 septembre 2019, à 18:43
Chèr Philip, belle poèsie!!!!j'aime bien!!!!!c'est tellement bien écrit, que j'ai l'impression d'être dans ton récit, malgré que je n'aime pas la guerre, et j'ai lu ton commentaire sur la guerre pour plumedefou, et je suis d'accord avec toi, la guerre est une odieuse barbarie, engendrée par la vésanie meurtrière de l'homme!!!!!!!!!, je dirais Peace and Love, même si ce n'est plus d'actualité de nos jours, c'est bien dommage, et regrettable ce mot magnifique peace and love, la fameuse époque de woodstock, où je n'étais pas encore né malheureusement, j'ai juste vu des reportages de cette époque transmis à la télévision, avec les who, joe cocker, beatles, jimmy hendrix, etc...., des très grands musiciens, j'aime beaucoup ces musiques là!!!!! merci beaucoup pour ce beau partage!!!!!!! amitiés!!!!!!! http://www mes poemes.net/funky571/

José le lundi 09 septembre 2019, à 20:04
Toutes ces batailles, deux siècles plus tard, ne semblent dans le fond hélas qu'affaires d'égos surdimensionnés et de fiertés mal placées qui ne justifient en rien les boucheries qu'elles ont occasionné...
Très beau texte qui n'a pris aucune ride.
Amitiés

debbie le lundi 09 septembre 2019, à 20:32
Bonsoir Philip, des vers qui nous plongent dans cet atmosphère de la guerre. Nous fait entrevoir l'enfer vécu. Merci de ce partage.
Belle soirée
Amitiés
Debbie

Philip (Jardin de Lune) le mardi 10 septembre 2019, à 07:22
Pour JOSE :
Merci, cher José, d'être, de nouveau, passé me lire. Ton point de vue est pertinent. La vision de l'Histoire, contemporaine ou non se réduit hélas à, quand on connait la personnalité des "grands" (vraiment ??) hommes à la démesure de leur égo. C'est ainsi que se décline bien trop souvent le Pouvoir. Mais à la clé, pour asseoir ce Pouvoir, se prendre pour des Césars adulés, la guerre devient pour eux ce qui justifie le moyen.
Quant à mon texte, malgré la satisfaction que j'ai eu à l'écrire; est-il vraiment si personnel, dès lors où j'ai "louché" sur le style hugolien en me contentant de ce qui ne peut être qu'une pâle imitation.
Mais merci infiniment. Amitiés. Philip

Pour DEBBIE :
Coucou Debbie. Je conçois que l'atmosphère du poème n'appelle pas à la sérénité de l'esprit. C'est juste une petite tranche d'un Histoire, d'un enfer, comme tant d'enfers furent les guerres. Qu'importe le vainqueur, l'Honneur, la barbarie plane toujours dans le cœur de l'Homme, pas seulement le dictateur.
Belle journée à toi. Amitiés. Philip.

Pour GUILLAUME :
Bonjour mon ami.
Bien sûr, il est évident que je suis de ceux qui abhorrent la guerre. Et je ne lis jamais les récits qui en parlent. Mais, admiration hugolienne prenant le pas, je décidais un jour d'écrire sur la bataille d'Eylau. Je l'avais fais également sur celle de Gettysburg, pendant la Civil War (Guerre de Sécession) américaine. Alors, réalisme oblige, il me fallait m'immerger et immerger les ami(e)s lecteurs dans l'action, si barbare fut elle.
Pour ce qui est de Woodstock, je pourrais t'en parler pendant des heures, et de faire l'exégèse de l'évènement de sa conception jusqu'aux dernières lueurs de l'aube où Jimi Hendrix, devant une poignée de hippies crottés et fatigués (le "beautiful people") il déchirait l'air de son Hymne National torturé à la guitare….pour, sans doute, dire que l'excès de patriotisme, le Viet Nam était aussi une stupide et abominable barbarie. Tout se rejoint tu vois. Amitiés sincères. Philip.

Susan* Coquelicot * le mardi 10 septembre 2019, à 15:40
Coucou Philip !
Finalement et malheureusement ton poème est toujours d’actualité …
L’enfer était présent à cette époque, nos parents ont connu ces atrocités et d’autres aujourd’hui les subissent encore !
Merci du beau partage poétique. Un témoignage réussi !
Gros bisous.
Susan

Philip (Jardin de Lune) le mardi 10 septembre 2019, à 16:20
Coucou Susan,
La poésie est hélas pleine de témoignages des guerres. Et la plupart, issus de témoignages vécus.
Je n'ai fait que fermer les yeux et imaginer le bruit de la canonnade et les cris des malheureux.
Plus tard, ce fut le vrombissement aigü, annonciateur de mort des Stukas et des Messershmitt, puis sous d'autre lieu, l'odeur du napalm et la ronde des hélicoptères. Et partout l'affreux spectacle de l'Humanité, la haine devenant comme une habitude.
Bisous. Philip

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