|
Jours de Fièvre et de Mélancolie.
…..Jours de Fièvre et de Mélancolie, de Questions orageuses, nocturnes, Nodosité des Choses et des Mots, en Discordance, Dissension. De l’Enchevêtrement du Monde, Tout est lié, mouvant, scellé du Sceau de Déshérence, de Solitude, d’Appariement, d’Inimitié. Porosité des Règnes et des Catégories. La Matière éternelle et changeante constitue, destitue. Du Minéral à la Conscience d’Être, une étrange Fraternité inamicale dans l’Abandon, relie les Univers, allie la Naissance à la Mort.
Jours de Fièvre et d’Orage, des Houles de Questions chavirent et naufragent le Corps, le Sens intime et les Voix intérieures. Catabase du Soi vers sa Crypte de Nuit, ses Latomies béantes de Rocs et de Poussières, ses Catacombes. Descente heurtée et solitaire aux Basses-Fosses de Toi-même, Caveaux à demi-effondrés, Voûtes de Suie et Passages murés, Etouffement des Voix anciennes, Sentiments éraillés, Paroles interrompues et sans Echo. Il ne viendra Personne. Aux Enfers de Toi-même, une Brume glaciale brûle Bouches et Langues.
Du Fond sans Fond de l’Espace éternel, incréé, du Fond bourbeux de la Conscience disloquée, sourdent des Prophéties stériles et sans Appel. Il ne viendra Personne. Savoir ne nous sauvera pas, inutile Passion. Connaître approchera toujours l’Inconnaissance. La Chair ne sera ni rédimée ni surmontée ni sublimée. Il fleurira des Fleurs mauvaises sur les Tombes, jusqu’aux Extrémités de la Terre, inutile Ornement que faneront le Soleil et le Vent. Nous ne serons , un Jour, que ce Rien d’Être qui déjà nous entoure et nous fonde. Nous ne serons, un Jour, que cette Forme informe d’une effroyable Défection.
Jours de Fièvre et de Peur, d’Humilité, le Coeur nous manque devant l’Enormité du Rien, devant la Matérialité sans Origine ni Fin, devant l’Eternité houleuse des Univers sans Création ni Transcendance. Le Regard intérieur se fige sur l’Absence. Idéation confuse et vide. Le Corps va ses Métamorphoses silencieuses, sa Dérive. Tu fixes en vain le Peu d’Être que nous sommes, dans l’Attente sans But, le Divertissement, l’Oubli. Peu s’en faut que le Sommeil ne nous vienne cacher dans ses plis la Douleur ou faire s’ouvrir des Fleurs de Vérité à jamais enfouies. Ô Destin mille fois enviable d’Endymion, le Bienheureux !
Jours de Mélancolie, la Mémoire est amère, amers l’Eloignement, l’Usure et le Vieillir, Fadeur les Beautés convenues des Merveilles du Monde qui surprenaient, jadis. Jadis s’est englouti peu à peu au Gouffre du Lointain et les Beautés des Merveilles du Monde ne nous surprennent plus. Peu de Choses, à présent, nous surprennent encore des Merveilles du Monde, basculées désormais au Gouffre du Lointain et dans l’Inappétence. Alors l’Eloignement, l’Usure et le Vieillir basculent les Merveilles, tout d’un Coup, au Gouffre du Lointain et de l’Inappétence. Et Tout basculera avec l’Âge et l’Usure, au Gouffre amer d’Inappétence. La Raison cède devant l’Assaut des Vagues de l’Affectivité : Amertume, Fadeur, Désaffection et l’Amour cède à la Mélancolie des Jours.
Mélancolie des Jours, si longs, si courts, pour quelle Vérité, pour quelle Errance, en Vérité ? La Vérité scintille, brève Flamme vacillante, parmi les Nuées chaotiques de Mots et le Chaos des Choses. Brèves Trouées de Sens, Plaies entrouvertes sur le Voile de la Dissimulation, Cicatrices du Retrait initial qui montre et cache l’éblouissant Brasier du Monde et l’Ombre gigantesque de la Terre. Ô les Sandales d’Empédocle sur le Bord du Volcan et la Lanterne allumée en plein Jour de Diogène ! La Vérité oscille dans les Fissures de l’Être, au Sommet des Ravins de l’Histoire, parmi les Signes errants des Oeuvres d’Art ! Eparse Vérité entre l’Extase flamboyante et la Ténèbre, entre l’Eclat du Jour et la Douceur de la Pénombre ! Ô Vérité crépusculaire, mélancolique !….
|