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De Montbéliard au défilé d'Entre-Roches,
Sous l'archet des grillons avec le cœur battant,
Oh! ma douce Comté, j'aime entendre tes cloches
Que l'écho ressuscite aux flammes du couchant;
A l'approche du soir, cascade après cascade,
Je remonte le cours des étés merveilleux;
Du côté de Bavans mon âme se ballade
Parmi les cerisiers, les chemins poussiéreux,
Sur les pas d'un enfant, tellement romantique
Qu'il reste assez de fleurs pour en faire un bouquet,
Ainsi me vient souvent l'écu mélancolique,
Des jonquilles d'avril au cœur de la forêt;
Je chante mon pays, par l'or de ses eaux vives,
Que tout poète salue en peignant la douceur,
Quand le Doubs s'ensoleille au miroir de ses rives,
Je retrouve ma voix pour sourdre sa valeur,
Comme on le fait parfois quand la fierté s'allume,
En caressant les mots, j'honore mon terroir
Toujours avec pudeur, humblement de ma plume,
Auprès des verts sapins mon amour vient s'asseoir;
Je retrempe mes doigts dans l'encre évanescente,
Des tendres souvenirs, c'est au bord du canal
Que se posent mes yeux, une image émouvante,
Mon père canne en main, pour lui c'est un régal,
Chahute les gardons, de même que les brèmes,
Le passé se patine et fait briller mes vers,
Ainsi vivent toujours à travers mes poèmes,
Tous ceux qui dans mon cœur forment mon univers;
Dans un rêve divin la maman de Sophie,
A l'ombre me sourit, son charme savoureux,
D'un baume bien-aimé déverse sur ma vie
Les violons du soir, les moments fabuleux.
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