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L’histoire de l’alchimie remonte à la nuit des temps, elle a
certainement pris son essor en Égypte, au cours du troisième
siècle, avant Jésus-Christ, dans la ville d’Alexandrie, qui fut
conquise par les Romains, puis par les Arabes.
Maintes fois, l’alchimiste était volé par un brouillard vaporeux,
un fluide presque opaque, il était de nature effervescente et
suspicieuse, ou d’un caractère placide et calme, ne parvenait
pas à être pleinement imprégné par son activité, ou totalement
absorbé par sa besogne.
Il peaufinait soigneusement ses mélanges ou tirailler rondement
ses amalgames de couleur plein ou moins amarante, qui étaient
souvent déposés dans de modestes récipients placés sur le
brasier en périphérie de l’âtre.
Il compulsait hâtivement les recommandations contenues dans
la publication des procédés ou analyser méthodiquement les
registres des formules, occupait son esprit par des pensées
mélancoliques ou gardait un jugement perspicace et clairvoyant.
Se laissait t- il distraire par la moindre superfluité ou veillait t- il à
quelques pas de son poste d’observation les quelques appareils
de distillation, qui ronronnaient sous l’œil vigilant de son apprenti ?
Se souciait t- il de savoir, si le manuel emprunté émanait des
primitives investigations consignées par les scientifiques de
Constantinople, qui avaient pleinement puiser les
connaissances de l’art sacré des érudits d’Alexandrie, ou sa
compétence en matière d'ésotérisme était-elle suffisamment
agrémentée ?
La spéculation de ces hommes du savoir imagina un étrange
stratagème, afin d’attribuer ces découvertes à la griffe du dieu
Hermès et de consentir un caractère exceptionnel à leurs traités
avec plus d’ascendant et d’autorité.
Quant aux pratiquants les plus aguerris, ils sauraient disserter
sur Marie la Juive, femme contemporaine de Zosime de
Panoplis, qui aurait amélioré de façon rationnelle les dispositifs
employés dans les officines.
Il est dit, qu’elle mit au point de profuses innovations, telles
qu’un instrument nommé le kérotakis, de configuration plus
au moins tubulaire, ou circulaire, appareil clos hermétiquement,
avant d’être maintenu au-dessus de la flamme, dans lequel, les
matières, transformées en lamelles filiformes, étaient soumises
aux caprices de solutés sulfureux, de composés mercureux, de
combinaisons sulfuriques et de substances arséniées.
Il semblerait, selon les allégations de Zosime de Panoplis, que
Marie la Juive eut rédigé un traité intitulé Peri kaminon kai
organon, traduit sous le titre (Sur les fourneaux et les
Instruments), où elle décrivit les outils manipulés lors de la ,
cuisson et de la sublimation, fabriqués en alliage, en argile,
ou en verre
Il sourdait que cette hermétiste ait ourdi le tribikos, un système
de sublimation primitif, assorti de trois becs, monté sur trois
pieds, employé pour acquérir des quintessences purifiées en
préconisant que le cuivre ou le bronze manipulé pour
confectionner les tubes atteignit la consistance d’une poêle à
frire et en spécifiant que l’adhérence entre les canules et la tête
plate fut effectuée avec de la pâte faite à base de farine.
Certains lui avaient attribué peut-être à tort les balbutiements de
l’aéromètre, ce génial objet prédestiné à quantifier les
concisions des liquides et plus rarement les densités des
solides, mais ce qui lui fut pratiquement approprié fut
l’importante découverte du bain-marie, disposition, dans
laquelle le contenu à faire chauffer est inséré dans un
réceptacle placé dans un récipient rempli d’eau.
Ce procédé est fort utilisé pour la fonte du chocolat, la création
des sauces dites hollandaise ou béarnaise, la cuisson d’un type
de crème anglaise, des gâteaux au fromage, le réchauffement
du lait maternel, la préparation d’un merveilleux sabayon, la
confection de nombreux desserts de la gastronomie italienne,
ainsi que de ces délicieuses merveilles au caramel.
Certes, je mentionnerais parmi les illustres maîtres des sciences
occultes Albert le Grand, de nationalité allemande, amphitryon
de Saint-Thomas d’Aquin, le catalan Raymond Lulle , religieux
et apôtre, qui tenta d’évangéliser l’Afrique, le Juré de l’Université
de Paris, Nicolas Flamel, natif de Pontoise, Paracelse, baptisé
Théophrasus Bombastus von Hohenheim, qui inaugura en 1527
à Bâle, la toute première chaire de chimie au monde, ou Basile
Valentin, qui contribua à la préparation de l’acide chlorhydrique.
En effet, chaque spécialiste en ce domaine ne pouvait
dédaigner les profonds bouleversements des données
historiques du septième siècle, qui furent provoqués
par l’invasion des Arabes, qui déferlèrent en Égypte
et poursuivirent, après une période d’immobilisation,
les études du cénacle d’Alexandrie.
Bien sûr, il n’ignorait pas que le terme alchimie découlerait du
mot KEMI, signifiant terre noire, et que cette connaissance
véhiculée par ce peuple sémitique sera connue dans le monde
entier sous l’appellation EL-KEMI.
Les érudits arabes traduiront dans leur langue les écrits
sauvegardés émanant du patrimoine égyptien et grec,
en diffusant des textes sibyllins, aussi il convient, dans
cet olympe de chercheurs, de présenter à la lumière,
Abu Müsä Jäbir ibn Hayyän, aussi distingué par la
latinisation Geber, car il fut un illustre polymathe, en
quelque sorte une personne à l’esprit universel, puisqu'il
émergeait dans de multiples domaines, la chimie, l’alchimie,
l’astronomie, l’astrologie, et excellait dans les professions
de géographe, d’ingénieur, de philosophe, de physicien, de
pharmacien et médecin.
Bien entendu, il fut éduqué à Tous, une ville du nord-est de
l’Iran, située près de Macchad, dans la province de
Khorassan-e Ravazi, mais il se déplaça un peu plus tard
à Koufa, et lors de son existence il aurait prévu la propriété
de la fission nucléaire, ainsi que le pouvoir destructeur
de la scission d’un atome.
Cette étonnante sommité posa la pierre angulaire de la première
triade, qui regroupe celle du corps, de l’âme et de l’esprit.
Geber établit un septénaire des métaux en corrélation avec les
étoiles et les planètes : l’or (Soleil), l’argent (Lune), le cuivre
(Vénus), le plomb (Saturne), le fer (Mars), le vif-argent
(Mercure), et l’étain (Jupiter), ainsi qu’un autre pour signifier les
diverses opérations : la sublimation, la distillation ascendante ou
descendante(filtration), la coupellation, l’incinération, la fusion,
le bain-Marie le bain de sable.
Parant des tablettes| de teinte malachite,
Des minéraux dorés,| sulfures de pyrite,
Des oxydes sanguins,| globules d’hématite,
Des fractions citron,| soleils en goethite,
Des fragments noirâtres, | de couleur limonite,
D’ infimes parcelles,| cristaux de sidérite,
D’ étranges spinelles| ointes de magnétite,
Enveloppaient coupes| cuivrées en azurite.
Transfusé dans un nid,| repaire de larron,
Un sorcier dément| consultait, en patron,
D’ immenses cratères,| de nuance marron,
D’ antiques amphores| rehaussées de natron,
Des urnes enfermant| des segments de dragon,
Des jarres de coraux | extirpés d’un lagon,
Des pots de salpêtre | pourvus de queues de paon,
Des céladons d’onguents| promis à pharaon.
Et de la pierre,| dite philosophale,
Déceler le secret| dans la quête infernale,
Déflorer l’énigme| suprême˽ et capitale,
Afin de commander| de façon générale,
La transmutation| présumée maximale,
Des métaux répandus| de classe triviale,
Permettant d’engendrer| la semence˽ idéale,
De l’immortalité,| de la halte finale.
Le chaman, dans son lit| d’investigations
Fixait, sans relâche,| mille conjonctions
D’ astres telluriques,| ou fluctuations,
D’ éthers et liquides,| guettait des coctions,
Processus ou phases,| sondait les mixtions
Composites fumant| dans creusets d’actions,
Scrutait jalousement| maintes solutions,
Traquait combustions| et calcinations.
Pour qu’un prestigieux| nombre de procédures,
Mariant cinabres,| vifs - argents, ou mercures,
Mélangeant profanes| et savantes mixtures,
Combinant substances,| et diverses textures,
Eût été préparé| avec soins et mesures,
Évitant mensonges,| erreurs ou impostures,
Il fallut, sans cesse,| repousser créatures,
Obstinées, rustiques,| aux esprits immatures.
Sans se préoccuper| des bourrasques, des bruits,
Il bravait les rumeurs,| les incidents fortuits,
Moissonnant les désirs,| tous les espoirs détruits,
Selon insomnies ou| interminables nuits
Vécues dans cahutes,| supportées dans réduits,
Car, dans très peu de temps,| fermenteront les fruits
D’un ouvrage traitant| des roches, des produits
Minéraux, des dogmes| et des sujets induits.
Des chimistes instruits,| d’envergures bibliques,
Aux belles notions,| plus que scientifiques,
Aussitôt, condamnaient| ces lueurs chimériques,
Incendiaient actes| et faits ésotériques,
Flagellaient, fustigeaient| ces thèses théoriques,
Punissaient symboles| et concepts astrologiques,
Opéraient en dragons| par pratiques drastiques,
Pour ne pas les juger| notables, puis publiques.
Toutefois, ces démons,| paradeurs d’ombilic,
Aux regards foudroyants| et froids de basilic,
Aux organes fourchus| de vipère˽ et aspic :
Disciples indignes| de maître Copernic,
Suite˽ à un perfide˽ et| douteux diagnostic,
Avaient falsifié| en un simple déclic,
Le bel aphorisme,| le juste pronostic
Pour souiller l’élixir,| et flétrir l’alambic.
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