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Je me rappelle encore avec un point au cœur,
Des champs recouverts d'or, des jours mourants de braise
Sous les ombreux tilleuls, de la campagne en fleur,
Des beaux épis dorés, dolent sous la fournaise,
Quand mon âme fondait, saisit par cette paix,
De l'immense terroir embellit de silence,
Lorsque le bel été reprend ses vieux succès;
Que le pouls du ruisseau devient de l'opulence,
J'admirais ses éclats, le jour de toutes parts
En bijoux rutilants émerveillait l'eau vive
Et le soir arrivait avec bien des égards,
Adressant aux rêveur une ultime missive.
Le Doubs aux doigts bleutés m'emmenait en bateau,
A l'ombre de sa nef les arbres centenaires
Caressaient son miroir d'un pastel si beau
Qu'il constellait d'or pur mes mots surnuméraires;
A présent que mon âge effare le cadran,
En signant de mon nom, je vide mes calices,
Tout près de mon oreille un bourdon bat l'antan;
Aux portes de l'automne il est de lourds prémices,
Ainsi le souvenir comme un livre immortel,
D'un parfum frais d'humus vient adoucir cette heure
Et d'un chaste baiser devient intemporel,
Le temps marque le pas ou bien n'est-ce qu'un leurre?
Je ne veux qu'une chose au seuil de l'au revoir,
L'image de mes champs et de tous ceux que j'aime
Et le chant des grillons quand l'angélus au soir
Egrène le bonheur, que l'allégresse essaime;
Mais surtout la douceur et le regard serein
De celle qui m'affole et tendrement m'inonde
Et mon vœu le plus cher mourir contre son sein,
Cajoler par son cœur, ému quitter ce monde.
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