JARDIN DE LUNE

 

Mes poèmes - Livre d'or - Liens - Moi

 

QUAND LE TEMPS DEVIENT L’ESPACE

le mercredi 19 juin 2019, à 12:57. Posté par Philip de Berg


Le matin était couvert d’une froide rosée qui tombait sur les terres.
Et déjà, derrière sa fenêtre, Alexander cadençait son cœur solitaire…..

La leçon de musique attendra bien le soir,
Fedora, de Moscou, enverra son hommage,
Et si le temps trahit, comme un sombre affûtoir,
L’inspiration viendra, accompagnant l’orage

Qui s’invite au lointain, dans l’esthétique envie
D’un courage aux abois, quand l’hiver s’alanguit
Dans les premiers frissons qui glacent l’harmonie.
Mais les notes sont là et rongent son esprit.

Est-ce un cri, une fièvre où se mêle sans fin
Une lente agonie anémiée par l’oubli,
Ou un appel qui brûle un vieux cœur assassin ?
Car la rage est dans l’œil comme un cri démoli.

Tu vois mon fils, ici le Temps devient l’Espace…*

L’oraison féérique envahissait le noir.
Sacha, de Borodin, trouvera son partage
Et si le vent faiblit, il pourra recevoir
La dernière écriture où se trahit l'adage !

Et là-bas dans la plaine envahie par le vide,
Comme un étrange cri, le vieux piano s’affole.
La partition noircie n’accuse aucune ride.
Et le soir langoureux préparait son obole.
-------------------------------------
Oui, le soir soudain tombait sur ses épaules, comme un manteau
Et derrière sa fenêtre, Alexander comptait chaque flocon.

Tu vois mon fils, maintenant le Temps est devenu l’Espace…*

---------------------

* Du siehst, mein Sohn, zum Raum wird hier die Zeit" ("you see my son, time becomes space")
Cette phrase qui a donné le titre à mon poème est en fait le verset final du premier acte de l'opéra de Wagner "Parsifal" qui donnera la tonalité mystique de toute l'oeuvre

Illustration musicale : Scriabin, étude pour piano op 8
https://www.youtube.com/watch?v=q6xYaRew94w

<< Retour aux poèmes

 

commentaires ( 6 ) (Ajouter un commentaire)
Philip (Jardin de Lune) le mercredi 19 juin 2019, à 13:13
Ce poème décrit une instantané de la vie du compositeur Alexandre Scriabine, qui composa notament de merveilleuses sonates et études pour piano à l'âme slave. Le poème nous fait observer un de ces moments de folie où le compositeur est dans une mystérieuse alchimie mêlée de fièvre, au summun de la composition.
L'allusion au verset conclusif de l'Opéra "Parsifal" de Wagner annonce peut-être l'idée que j'ai de traiter en poésie de géant de l'opera wagnérien à la grandiose métaphysique.
Amitiés à tous et à toutes.
Philip.

debbie le mercredi 19 juin 2019, à 15:33
Bonjour Philp, il t'a bien inspiré ce grand compositeur ! Je dois dire qu'en lisant ces vers j'ai un l'impression d'entendre une musique au travers tes vers parfois douce et mélancolique et à d'autres moment c'est comme si les notes montaient en puissance. Enfin bref très musical ce poème ! J'adore tout spécialement ton deuxième quatrain où se mélange musique et émotions.
Merci de ce superbe partage
Bel après midi Philip !
Avec mon Amitié
Debbie

mariepaule le jeudi 20 juin 2019, à 08:58
Coucou Philip

dés l'introduction, on imagine le ressenti nostalgique ou désœuvré du pianiste en ce début du jour...

Puis tes vers et mots, nous transmette les pensées du pianiste "qui ne sont pas celles d'un artiste qui veut créer...

Tu as l'art Philip de bien choisir les bonnes expressions qui définissent le mental du pianiste...

Puis, on l'imagine assis les doigtes sur le clavier jouant sa création qui s'envole et imprégné les espaces.

Les deux vers isolés sont mystérieux, et donne une belle ampleur au poème...

Gros bisous Philip
Om
Marie

Rachelle,guillaume le vendredi 21 juin 2019, à 12:49
Chèr Philip, belle poèsie!!!!!!! relatant un musicien russe face à son piano, et je ressens une vive souffrance du pianiste à travers tes mots bien choisis, avec des metaphores qui s'harmonisent bien avec la musique, la douleur du pianiste, l'ambiance, le climat, etc...., c'est mon grand ressenti, sinon le spectacle devait être grandiose, musicalement, émotionnellement, surtout qu'il s'agit d'un grand virtuose : wagner, en plus c'est un opéra, donc éventail musical garanti de grandes portées avec de très puissantes émotions!!!!!, j'imagine, dejà quand j'ai écouté la cheavauchée de la walyrie de wagner, au niveau transcendantal musical, tellement riche, tellement beau!!!!!tellement puissant!!!!!!, même puissance émotionnelle!!!!!!! c'est du grand art!!!!, c'est du génie!!!!!!!!!j'adore!!!!!!!!!, sinon Fédora, si tu peux m'éclairer s'il te plaît, merci beaucoup d'avance, c'est une ville russe, je pense, mais je connais pas!!!!!!sinon, c'est très bien écrit!!!!! comme d'habitude!!!!!!!merci pour ce beau partage!!!!!!! amitiés!!!!!!! http://www mes poemes.net/funky571/

naeja le lundi 24 juin 2019, à 13:26
piano ,émotion , puissance ! une belle lecture que voilà
amitiés Naeja

Philip (Jardin de Lune) le lundi 01 juillet 2019, à 08:19
Bonjour les ami(e)s,
Je viens seulement vous commenter et lire et commenter vos poèmes.
Disons que la période caniculaire ne favorise pas la présence devant son ordi !
Alors, allons-y :
Pour NAEJA :
Merci mon ami, pour ce commentaire qui résume assez bien l'intention du poème :
- Piano : c'est mon jardin secret et Scriabine est un de mes compositeurs préféré pour son romantisme slave. J'avais envie de l'imaginer dans une compositions poétique toute imaginaire qui lui ressemblait un peu.
- Emotion et puissance : oui, mais celle de Scriabine (et également, du Parsifal de Wagner, auquel il est fait allusion). Mes mots ont juste essayé d'y mettre un peu de cette émotion et puissance. Amitiés. Philip

Pour DEBBIE :
Merci d'avoir aimé ce nouveau poème, Debbie. Pour ce qui est des mots, oui, comme je l'ai expliqué plus haut à Naeja, j'ai essayé de mettre l'exaltation des sentiments du compositeur et pianiste, un peu de son mental donc (Il faut dire que je connais bien la biographie de Scriabine).
Ah, les deux vers "isolés et mystérieux", ils contiennent en effet une dimension mystique, que je développerai prochainement en écrivant un poème sur le thème de Parsifal (tape sur YouTube "Wagner - Parsifal - ouverture" et écoute, tu te rendra compte de l'élan quasi mystique qu'avait voulu donner Wagner.
Belle journée à toi, Debbie. Amitiés.
Philip

Pour MARIE :
Coucou Marie, ton ressenti complète celui de Debbie. J'ai imaginé Scriabine nostalgique, momentanément en panne d'inspiration (mais très passagèrement) loin de ses amis (Sacha et Fedora, purement imaginés !). Cela correspond d'ailleurs à une période de solitude et de doute musical que le compositeur a eu dans sa vie, mais pas à la période où il composa la musique que j'ai mise en illustration.
Belle journée à toi, et gros bisous Marie. Philip

Pour GUILLAUME :
Bonjour, Guillaume, merci d'avoir aimé ce poème et d'en avoir perçu le ressenti avec délicatesse. Si j'ai mêlé Scriabine avec une allusion à Wagner, c'était pour faire le lien entre transcendance et puissance, romantisme et force de la musique.
Tu sais, pour Wagner, il y a mille fois plus émouvant que la chevauchées des Walkyrie : Parsifal, Tannhäuser, ou Tristanl et Isolde.
Non, Fedora est un prénom féminin slave (C'est aussi le titre d'un film de Billy Wilder, dont le personnage principal est..Fedora). Et Borodin une ville de Russie.
Prends soin de toi, Guillaume. Amitiés. Philip.

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet