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Un coin parle à mon cœur par le bruit adorable
D'un torrent qui soupire et nul autre jamais
Malgré l'éloignement, le destin immuable
N'effacera l'odeur de mon terroir Français
Que j'aime revenir, écouter le silence
Dans les bois de Bavans, sur les rives du Doubs
Cet écrin vert et bleu, vit fleurir mon enfance
Il me sourit toujours dans les vers que je couds
Quand je revois en mai, les murs de mon jeune âge
Mon cher clocher antique et tous ses alentours
Un chant touche mon âme, un tendre babillage
Alors un long soupir d'un coup devient velours
Patiné de soleil, d'une verte couronne
Les souvenirs heureux retrouvent leur jardin
Une cloche légère, argentine résonne
Ainsi tout le passé d'une larme m'étreint
Les jours empreints d'amour, d'un souffle poétique
Enchantent le décor à chacun de mes pas
Sur les ailes du temps ma plume nostalgique
D'une encre solennelle annonce le lilas
Quelques bouquets de fleurs arrosent ma mémoire
Au rivage d'antan sous la voûte des Cieux
Je remonte à la source au départ de l'histoire
Avant les grands malheurs, les décès odieux
Et lorsque sur mon front l'aube ceint l'aubépine
Je crois apercevoir la rue aux rossignols
Ce vestige argenté que le bonheur décline
Parmi les rêves d'or de châteaux espagnols
L'image de mon père en moi reste vivace
Un homme à contre-jour, une canne à la main
Taquine le gardon d'une façon tenace
Le jeune marinier en a fait du chemin
Tout le long des canaux de sa belle Bourgogne
Avant de découvrir le terroir Franc-Comtois
Juste aux culs des chevaux c'était là sa besogne
Que j'aimerais saisir le timbre de sa voix
Ce passé si présent d'une bruine implacable
Au long des chemins creux humecte mon regard
Je voudrais soulager ma douleur intenable
Mais en vain aujourd'hui mon cœur a le cafard
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