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Oсень Татарстан (Un automne au Tatarstan) Repost

le lundi 13 mai 2019, à 12:51. Posté par Philip de Berg


    Dans une rue de Kazan un vieux tram est en panne,
    Et les premiers flocons sinistres comme l’enfer
    S’écrasent sur la tête d’un vieil éthéromane
    Confondant le pavé au vieux chemin de fer.

    Dans l’Automne chiasseux, le Tatarstan s’éveille,
    Comme les vieux poulaillers des fermes d’Orwiczé.
    Dans le matin blafard, il reprend sa bouteille;
    Mstilav est résigné, ses joues couperosées.

    Et ainsi va la vie dans ces riants vallons
    Balayés par les vents d’une Sibérie proche,
    Tandis que des soldats aux gestes trop brouillons
    S’acharnent sur un vieux pour lui faire les poches.

    Dans l’Automne pluvieux, le Tatarstan se meurt
    Quand, à Léninogorsk, au musée Sokolka,
    Les papillons miteux ne sont plus racoleurs ;
    Mstilav est engoncé, perdu sous sa chapka.

    Devant un vieux palais, une statue de Staline,
    Oubliée par le Temps, défie tous les regards.
    Les passants fatigués n’ont plus l’humeur câline
    Quand novembre ingénu apporte ses brouillards.

    Ô mon fier Tatarstan, dans ta douce autarcie,
    Tes façades blêmes chantent ton désespoir.
    Saoul comme à Kamionka, Mstilav s’est endormi,
    Rêvant d’un paradis las comme un assommoir.

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commentaires ( 13 ) (Ajouter un commentaire)
Philip (Jardin de Lune) le lundi 13 mai 2019, à 13:01
Dans l'attente de finir un nouveau poème, voici un repost. Mi-caustique, mi-tragique. Mais jamais moqueur. La vision d'une excellente série allemande sur les dernières années de l'Allemagne de l'Est en faillite, m'a donné l'idée de ce repost.
Ce poème force le trait au maximum en évoquant le Tatarstan, pays que bien peu de gens connaissent. Petite république indépendante de l'ex-bloc de l'Est, où la vie y est dure, et le régime laissé au laxisme. Bien entendu, comme à mon habitude, tous les détails sont authentiques. Mstilav est un prénom sinon tatar, très probablement usité dans ce petit pays, en fonction de sa localisation géographique. Les papillons font référence à une collection de papillons empaillés dont doit s'enorgueillir le musée de Sokolka.
En aucun cas, mon écrit ne saurait se moquer de ces populations dont la vie est dure du fait notamment de la situation économique désastreuses et du quasi totalitarisme des institutions.
Amitiés à tous et à toutes. Philip.

ptigaby le lundi 13 mai 2019, à 14:01
Admirable.Gabriel.

debbie le lundi 13 mai 2019, à 14:16
Bonjour Philip, grâce à toi je connais maintenant le Tatarstan. J'avoue que ça ne m'inspire pas une destination vacances *sourire* La vie y semble bien difficile d'après ce que tu nous en décris. J'aime beaucoup ce genre de poésie qui nous peint l'ambiance réel d'un endroit avec son côté tragique. merci de ce beau partage.
Bel après midi Philip
Amitiés
Debbie

mouchetyves le lundi 13 mai 2019, à 14:35
Quand la vie s'tend
Ici au Tartarstan
La vista se distend
Pannes passent temps
Dans le bloc fissuré
Des libertés emmurées
La Mouche.
Voilà mon cher Philip les mots que ton récit m'a évoqué dans un style plus triste sans ironie car je ne saurais pas m'amuser de la douleur des peuples.

domidom le lundi 13 mai 2019, à 17:51
Coucou Philip...
Une superbe poésie, avec tes vers, on peut s'imaginer parcourir ce Tatarstan aux façades blêmes, c'est tellement bien écrit, et tu vois, celui-ci, même si c'est un reposte, je ne me souviens pas l'avoir lu, si c'était le cas, je ne crois pas que je l'aurais oublié, il est tellement profond...
Toujours un bonheur de te lire...
Bises, Domie...

mariepaule le lundi 13 mai 2019, à 22:31
Coucou Philip

Il me donne des frissons et cela est une certitude jamais je n'irai visiter Tatarstan .

C'est lugubre, mais tes vers sont très beaux et riches....

J'espère que le futur poème sera plus gaie....

Je sais que tu liras les commentaires demain matin alors Philip je te fais le bonjour et belle journée

Bisous
OM
Marie

Philip (Jardin de Lune) le mardi 14 mai 2019, à 07:33
Pour PTIGABY :
Bonjour Gabriel, c'est gentil d'être passé me lire.
Ce n'était pas facile d'allier la démarche poétique, dans la forme, avec un sujet qui pointe le fait que, loin de nos pays où malgré tant d'injustice et de douleur, pour beaucoup, il y a de par le monde, des contrées où l'Homme se contente de survivre. Le chois du Tatarstan s'est fait quand un ami chargé il y a quelques années, dans le cadre du mois de l'impressionnisme en Normandie a dû prendre attache avec le Ministère de la Culture de ce petit pays pour être autoriser à exposer des tableaux du peintre Bougougliov !
Amitiés, Gabriel. Philip

Pour DEBBIE :
Coucou Debbie. Il n'y a pas que le Tatarstan où hélas la vie est difficile.
Comme je l'ai dit à Gabriel et je vais le dire à Yves, il n'est pas évident de faire ce genre de "reportage poétique" sur du réel, et surtout de faire en sorte que le témoignage ne soit pas des propos de dérision pour un peuple qui ne vit pas vraiment dans le bonheur quotidien.
Belle journée et amitiés, Debbie.
Philip.

Pour YVES (La Mouche) :
Bonjours Yves. Ton complément sur ton commentaire, est bien le prolongement de tristes réalités.
Merci. Cela fait partie des "fissures" de nos civilisations, sous quelques latitudes qu'elles soient.
Bien évidemment, il ne saurait y avoir de dérision ou de moquerie dans les propos, juste des mots grinçant en forçant juste un peu le trait.
Bonne journée et amitiés, Yves. Philip

Pour DOMIE :
Merci d'avoir aimé ce poème, Domie, même si le fond est est socialement et humainement dur.
C'est ce que peut permettre la poésie en faisant un usage singulier des mots et des tournures.
Pas évident, cependant de faire ici, pour utiliser une expression que j'ai cité plus haut, du …."reportage-poésie".
Belle journée à toi. Gros bisous, Domie. Philip

Pout MARIE :
Coucou Marie. Oui le propos se prêtait à quelque chose de frissonnant, oppressant même. Pourtant, ancienne petite république du bloc de l'Est, le Tatarstan n'est pas sous un régime totalitaire. Mais le dénuement y est souvent quotidien. Et hélas, dans d'autres pays. Et même chez nous.
Oui, le prochain poème sera plus joyeux. Gros bisous, Marie. Philip.

shine007 le mercredi 15 mai 2019, à 02:14
Un poeme qui méritait d'etre reposté...
Bonsoir petit frere...
Bonne soirée :)

Philip (Jardin de Lune) le mercredi 15 mai 2019, à 07:06
Pour SHINE ;
Merci, sister.
En lisant mes explications, tu auras compris que je voulais souligner combien l'humain, sous toutes ses latitudes subit la misère et l'oppression, dans un monde qu'il n'a pas choisi et où tout est souvent gris.
Belle journée à toi. Bisous.
Philip.

Susan* Coquelicot * le mercredi 15 mai 2019, à 08:18
Coucou Philip !
Un poème où tu évoques la répression et la misère humaine au Tarstatan , un pays que je ne connais pas …Qui t'a joliment inspiré !
Mais en te lisant, j’ai également imaginé les mêmes personnages, les mêmes scènes à Paris ou dans d’autres villes …On remplace la vodka, par la bière ou le vin …
Une misère qui touche également notre univers, le monde …
Merci pour ce beau poème émouvant….Tes vers m’ont rappelé les voyages que nous avons fait dans les pays de l’est …Les vieux palais, les statues, les magnifiques façades d’immeubles …Mais surtout celui que j’ai fait à Moscou fin des années quatre vingts …
Gros bisous.
Susan

Philip (Jardin de Lune) le mercredi 15 mai 2019, à 08:34
Coucou Susan.
Bien sûr, tous ces drames humains du quotidien existent sous toutes les latitudes. Parfois cachés, où moins visibles.
Quant aux pays de l'Est (ceux que nous connaissons, pour les avoir vu) certains portent peu les cicatrices de leur ancien monde. Mais l'on sait que d'autres pays sont si économiquement à la dérive, que la vie y est vraiment très dure, avec tout le cortège de souffrances humaines, plus collectives.
Gros bisous. Philip

scorpionne le lundi 20 mai 2019, à 11:54
Bonjour Philip,
Magnifique poème ! Tu as su créer une atmosphère oppressante, angoissante, une atmosphère à la Zola (je ne sais pas pourquoi, j'ai pensé à "Germinal" en te lisant). Cette incursion au Tatarstan (pays que je ne connais pas du tout) ne m'a pas laissée indifférente.
Je te souhaite un agréable lundi, cher Philip.
Très amicalement,
Jocelyne

Philip (Jardin de Lune) le mercredi 05 juin 2019, à 08:33
Pour JOCELYNE :
Bonjour Jocelyne.
Me voici à te remercier avec retard (vacances + état grippal, grrrr !)
Oui, par l'imagination, mais aussi mes lectures sur ces petits Etats de l'Est, j'ai pu recréer ces atmosphères pas forcément oppressantes, mais imprégnées de la tristesse de vies dures et monotones.
Cela pourrait être du Zola, en effet.
Merci d'avoir apprécier un texte aussi austère. Très amicalement. Prends soin de toi, Jocelyne. Philip.

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