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Aimez le Vie et l'Amour

le mardi 19 mars 2019, à 12:38. Posté par JCD23


    Porte ta vie ailleurs, ô toi qui fus ma vie
    Va chercher d'autres lieux, toi qui fus ma patrie
    Un peu de sang sur ses mains coule
    L'heure pâle, pleure et s'écoule
    Eternité de l'homme, illusion ! chimère !
    Il n'a point eu d'hier, ce fantôme éphémère

    Aimez bien vos nouveaux amours, aimez l'amour qui rêve
    C'est lui que vous cherchez quand votre avril se lève
    Une âme y glisse en levant son aile
    Une promesse comme une fuite éternelle
    Lorsque tu m'as cueilli, j'ai connu l'Espérance
    Je croyais au bonheur, et oubliais ma souffrance

    Le charme tout-puissant de la philosophie
    Élève un esprit sage au-dessus de l'envie
    Ma pensée est couleur de lumières lointaines
    D'un soir où le soleil abaisse ses prétentaines
    En ce monde menteur, flétri, blasé, pervers
    Rare est une âme ainsi pure qu'aux hivers

    Etrange enchaînement par des causes secrètes
    Ephémère prestige divin donné aux poètes
    La vieille volupté de rêver à ma mort
    Survient et s'impose sans effort
    Vaines vanités dont pour moi le charme est envolé
    Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé

    Oeuvre divine sculptée et ornée de mille fleurs
    Elle se rit du vain amour des amants querelleurs
    Je m'éveille à ta voix, je marche à ta clarté
    Sur les pas des vertus et de la vérité
    Chantant d'une voix douce et sans rompre les chaînes
    Nous allions dans la nuit qui priait sous les chênes

    Elle est si douce cette pensée
    D'une belle vision commencée
    Sans répit fument les tristes cheminées
    Dans l'horreur leurs noires traînées
    Planant sous les rideaux inconnus du remords
    Toi qui sur le néant en sais plus que les morts

    Aimez l'amour qui joue au chaud soleil des peintures
    Celui qui déroule au ciel la tresse et les ceintures
    Et de signes divers la tête couronnée
    Monarques tour à tour, se partagent l'année
    Ruisseau pur et sacré qui, coulant à jamais
    En dérobant ta source épanches tes bienfaits

    Le son en est si faux, si tendre, si moqueur, si doux, si cruel
    Et si froid, si brûlant, qu'à l'entendre, on ressent un plaisir mortel
    Je ne puis l'approcher qu'en des vapeurs de rêve
    Malheureux, plus je vais, et plus elle s'élève
    Au sein de mon âme épuisée, la paix et l'amour
    Comme la nocturne rosée tombe après le jour

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