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Je plains sincèrement les pauvres malheureux
Qui ne connaissent pas, le vol de l'hirondelle,
L'odeur des foins coupés sur les chemins pierreux
Ceux qui dorment en ville où si peu d'eau ruisselle
Aux jours où le bonheur éveille à l'âge d'or
Le désir et l'amour, sous la verte ramure
Le front ceint d'aubépine où le plaisir d'abord
C'est de cueillir des fleurs dans une combe obscure
Par ces matins si beau, que le soleil au bois
Enjambe le ruisseau, les grandes herbes blondes
Aux friselis des prés, quand palpitent les voix
Dans les cerceaux fleuris des frondaisons profondes
Temple des gazouillis que caresse le soir
Terre de mon pays que le soleil embrasse
Qui béni la moisson tout comme un encensoir
Parmi les doux reflets, du souvenir qui passe
Je pense à ces enfants qui n'entendront jamais
Le bourdon du clocher dans un bourg de province
Annonçant la soirée avec les martinets
Quand le terroir respire et que l'ombrage rince
Sur le fil d'horizon la jupe du couchant
Ne connaitrons pas plus la cueillettes des mûres
Quand l'automne au sous-bois angélise le vent,
Le silence et les fleurs, qu'il neigent des ramures
Des frissons émouvants et puis aussi de l'or
Qu'une grise douceur exhale sur la plaine
Un air mélancolique où le soleil s'endort
Du rire puéril qui pleure à la fontaine
Qui peut dire l'impact, sur l'âme et sur le cœur,
Que laissent les oiseaux, les torrents et les arbres
Qui donc peut bien savoir quelle en est la saveur
Quelle est leur influence ont-ils comme les marbres?
Un goût de merveilleux, pour l'esprit et les doigts
Comme l'homme perdu qui retrouve sa terre,
L'écrin qui le vit naitre au cadran d'autrefois
Parmi les bibelots d'une vie exemplaire
Ainsi pour chaque humain l'enfance fait débats
La sensibilité, n'est-elle pas la chance
En côtoyant les fleurs, ne retrouve-t-il pas
La grâce, l'essentiel, le fait de sa présence
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