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Il faut avoir connu de l'aube cette flamme
Ce trouble si touchant du premier rendez-vous
Dont la douce ferveur, jusqu'aux confins de l'âme
Trace un chemin de fleurs, que l'on garde jaloux
Ce désir inconnu serti par l'espérance
Sous l'ombrage prédit l'éveille d'un printemps
Que le cœur ignorait depuis la prime enfance
Pour celui dont les yeux émerveillent les sens
Cette heure inespérée, à la grâce me lie
Tant je vois refleurir, sous les ramures d'or
La barque du bonheur que le ciel incendie
Je vous évoque là mon plus riche trésor
L'amour versait en moi l'aubépine et le rêve
Ma lèvre s'asséchait d'un calme impatient
Comme l'arbre pressent l'approche de la sève
Je me sentais conquise avant même l'instant
Tandis qu'un rossignol aux grâces de l'orée
Caressait le silence à l'heure du couchant
Dans ce vallon désert au cœur d'une vallée
Je goûtais la saveur du cher isolement
En buvant le miel pur de ce coin romantique
Qui m'offrait généreux, son limpide encensoir
L'air d'avril sur ma joue ajoutait authentique
L'heureux ravissement que suscite l'espoir
Je vis venir à moi le prince mémorable
Une rose à la main, les yeux brûlants d'amour
A travers la lumière exquise et véritable
Son regard admirait mon profil à l'entour
Par un magique pouvoir il lui suffit d'un geste
Pour qu'en moi s'angélise un vertige ignoré
D'un baiser venimeux, habile, lent et leste
Il vida dans mon cœur l'amour et la beauté
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