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J’ai gardé une nuit dont la clarté caressait mon âme,
L’ai rangée entre deux mots choisis
Face à la fenêtre où passe le jour,
L’ai débarrassée d’étranges rêves
Où s’engouffrait la solitude des hommes
En une rivière de sang
Dont les berges étaient en deuil
Depuis bien trop de temps.
J’y ai vu nos ombres fragiles,
Elles dansaient aux portes de lumières anciennes
Qu’un ciel nouveau berçait,
Puis sur nos joues mêlées de brume
Revenait ce vent d’autrefois.
Que de belles saisons y flânaient !
Des printemps joyeux
À peine écorchés de lunes tristes,
Des chants d’oiseaux
Dans de vagues buissons
Ou s’émancipait le temps.
J’ai gardé comme une nuit
Dont la clarté te ressemblait tant,
Elle me berçait silencieusement.
Ô ma mère, nous étions alors deux étrangers
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