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Mon agréable amie accepte ce bouquet
Je rêve d'envahir ton âme, de jonquilles
Accepte ce cadeau, je n'ai d'autre projet
Que d'offrir à tes yeux le charme des charmilles
Frileusement blottis au plus haut de mon cœur
Je te soumets l'écho fameux de nos montagnes
Le souffle de nos bois que parfume la fleur
Chez nous point de châteaux, de vignes, de champagnes
Aussi pauvre soit-il mon terroir au printemps
Est si riche en ruisseaux, quand la douceur s'annonce
Qu'il n'est pas de coteaux, oublié par les chants
Même la terre au bois murmure sous la ronce
Laisse moi te parler de mon humble clocher
Ma plume à ses côtés retrouve l'authentique
Le frisson des blés mûrs sur moi vient se poser
Chaque fois que mes yeux caressent le colchique
L'âme de mon pays se découvre parfois
Au déclin du soleil, plein de mélancolie
Quand au champêtre écrin se taisent mille voix
Tandis que tendrement s'incline l'ancolie
Les monts ensoleillés sont de toute beauté
Aux jours les plus diserts le mois des nids s'achève
Et commence les foins que l'aube fait brillé
Puis dans les vieux paniers les cerises de rêve
Je connais un endroit au secret d'un maquis
Une source encaissée avec l'ombre pactise
Au pied d'un vieux rocher sa robe s'angélise
Et l'oeil s'y régale en comptant les rubis
Tandis que les grillons émerveillent le soir
Le jour en s'endormant y mire l'aubépine
Aux grâces d'un Courbet la lune vient échoir
Caressant les galets l'eau vive s'encoquine
De ce poignant théâtre il restera toujours
La solennelle ondine au fond de mes oreilles
Et les trésors cachés de l'enfance au long cours
Nourrit par les parfums au milieu des abeilles
Et rien n'est plus divin que d'entendre l'oiseau
Ruisselant de bonheur dans mon bois communale
je sais un coin tranquille où l'ombrage est si beau
Que le silence y dort et l'âme s'y régale
J'aime mon ciel Comtois parce qu'il porte en lui
De ceux qui me sont cher, la mémoire immortelle
L'herbe et le foin doux dont fut conçu mon nid
Et sommeille là-bas ma première hirondelle
Ne me demande pas si je rêve d'ailleurs
Sous les grands sapins verts j'ai trouvé mon Irlande
Sur un lit d'herbe blonde enrichit par les fleurs
J'adore me posé pour vivre ma légende
Puissent ces quelques vers ensoleillé ton cœur
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