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Rentrez chez vous
Fermez les portes
Aux fenêtres des verrous
Que personne ne sorte
Au crépuscule
Trainant sa misère
Écorchures et pustules
Ni père ni mère
Il passera en silence
Mains vides et pieds nus
Piétinant l’absence
L’avenir déchu
Muette supplique
Froissement de guenilles
Le vide réplique
« Sans famille »
Cette faute c’est la vôtre
Ce fardeau c’est le sien
Ce sacrifice c’est le votre
Ce sang, c’est le sien
Épouvantail d’un passé
Inaudible
Votre absurde surdité
Office de bible
Tente de conjurer le sort
En ignorant le sien
Revenu d’entre les morts
L’espoir s’est éteint
Il traverse la grand rue
A l’heure du crépuscule
Rien à voir, vous n’aurez rien vu
Réussite, triste calcul
Il rejoindra la nuit
Vous en serez bien aise
Le rêvant détruit
Lui, son fardeau, votre malaise
Survivant encombrant,
Pâture recrachée
D’un enfer sans moment
D’une horreur abhorrée
Détournez le regard
En espérant son trépas
Il a survécu par hasard
Il ne vous attend pas
Mais cette ombre qui s’éloigne
Que vous tenez à distance
C’est un enfant qui témoigne
De votre lâcheté, de votre absence
Il grandira
Et nul fenêtre
Nul verrou
Ne protégera votre tête
Ne protégera votre cou
Car l’adulte qui est à naître
Vengera l’enfant
Et confondra les traîtres...
Mais en attendant
Rentrez chez vous,
Fermez les fenêtres
Aux portes les verrous
Un enfants meurtri s’apprête
À passer devant chez vous
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