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J’allais par les chemins bordés de charmille,
Sans plus m’attarder sur les mûres gourmandes,
Ni voir les perles de rosée sur les alchémilles,
Sans percevoir la rivière au cœur de la lande,
Présent, passé et futur ne faisaient plus qu’un,
Un instant j’ai cru que jamais tu ne me quitterais,
Que chaque jour dans les senteurs grisantes du matin
Ta présence et ton amour partout me suivraient,
Au gré des humeurs j’ai cueilli quelques bleuets,
Comme autant de présents et de tendres pensées,
J’aurai voulu en poser un dans tes cheveux ébènes
Comme un joyau rehaussant tes yeux si secrets,
Mais jamais plus ton regard profond ne me guérira ,
Jamais plus entre tes bras blotti, je ne m’oublierai,
Seule une silhouette évanescente m’accompagnera,
C’est à la fois tant….et si peu…..
Le bonheur a fui, comment se contenter de son ombre ?
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