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S'il existe un ailleurs que le soleil enflamme,
Il est au fond de nous un coin de France aimé
Que l'on porte en ses flancs, pareil à l'oriflamme,
Que rien ne peut ternir, qui restera doré;
Un peu comme un roman, les pages font sourire,
A travers une larme, hier prend des couleurs.
De Marseille à Béthune et jusqu'au Saint Empire,
Chacun de son terroir en garde les saveurs;
Fleurant l'ombre et l'épi ces odeurs de campagne,
D'herbe et de foin coupé prennent racine en nous;
C'est l'âme d'un pays qui sans cesse nous gagne,
Le son d'un angélus ne peut être plus doux
Qu'en vacance au giron de sa terre natale,
Ainsi notre clocher nous ramène toujours
A l'âge des bonbons près de la communale,
Dans le feuillage fin d'un voyage à rebours.
Parmi les beaux clichés que l'histoire abandonne;
Dans les jardins fleuris de nos premiers amours,
Aux côtés d'une fille adorable et friponne
Quémandant du regard un bouquet de velours.
Qui ne saura jamais ce que vieillir implique;
Le temps sème de l'or, mais aussi des chardons;
De la fleur au tombeau l'onde mélancolique,
Recouvre de son drap chacun de nos frissons.
C'est bon de revenir au coeur de sa bourgade,
Quand le présent ranime un monde déjà vieux,
De revivre l'enfance au souffle d'une aubade
Que la fontaine entonne ainsi qu'a nos aïeux.
Que nul ne peut aimer ou seulement comprendre
Aussi bien que celui, qui tremble en retrouvant
Son petit nid douillet en chêne ou palissandre;
Au cœur du saint foyer au charme désarmant.
Que l'on soit de Tourcoing, de Bavans où Nanterre,
Chaque être se nourrit d'enfance et de raison
Qu'arrosent les cours d'eau du berceau légendaire,
Ainsi en lettres d'or se couvre sa maison.
Devant l'âtre où palpite un bon feu de charmille,
L'ancien enfant retrouve un palais oublié,
La ferme centenaire où le mas de famille,
Devant l'ombre fidèle avec le coeur serré,
En buvant les parfums que le passé embrase,
Au livre de ses jours, le vieil homme s'éprend;
Pour l'instant insensé d'une émouvante extase,
Un souvenir revient celui de sa maman.
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