Philip (Jardin de Lune) le mardi 08 janvier 2019, à 06:48 Ce que l'on a appelé la République de Weimar, juste avant les années 30 en Allemagne fut une période de faux semblants : sous l'apparence des années folles berlinoises, corrompues, quasi décadentes, à côté se terrait une misère noire aggravée par une crise économique sans précédent. Elle devait, hélas, être le terreau de l'avènement du nazisme. Une excellente série télévisée, récente, "Babylon Berlin" décrit ce monde glacé, et m'a inspiré ces vers.
Et, "entre cendre et poussière", ce sera aussi, quinze ans après, l'ultime épisode d'un Berlin détruit par les bombes.
Cette réflexion nous permet aussi de méditer sur les temps que nous vivons, où fleurit chaque jour, le mot "populisme" tandis que certains se vautrent dans l'or. Tout cela n'a jamais présagé rien de bon.
Bonne lecture. Amitiés à tous et à toutes. Philip.
(Nb : le vers "sous les lanternes brêve" est encore un clin d'œil au couplet "...stant eine laterne", de la célébrissime chanson Lili Marleen.
La boucle est bouclée !
L'on observera également, l'utilisation - presque à l'excès - de la conjonction de coordination "ou". Le propos en est intentionnel pour marqué le désarroi du peuple berlinois en ces années si singulières) |
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La Mouche Nounouche le mardi 08 janvier 2019, à 10:05 Ton poème semble plein d'inquiétude, retraçant l'histoire de cette ville en espérant que cela ne se renouvelle pas , là-bas, ou ailleurs comme à Paris par exemple. . . On dirait que tu l'as écrit pour exorciser cette crainte mue par nos actualités avec ce gouffre entre les nantis, le faste l’opulence d'un coté, les pauvres, la misère le désespoir de l'autre. On sait tous que ce schéma ne saurait être éternel sans explosion violente et quand la démocratie est malade le nazisme pointe hélas le bout de son nez. Espérons que le bruit des bottes et le cri des loups n'envahiront pas Paris à nouveau. .. .
Amitiés Yves |
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rivaudais le mardi 08 janvier 2019, à 11:00 Poète, musicien, historien (ou au moins passionné d'Histoire -et d'histoires-) polyglotte, tu es un homme à facettes, mon cher Philip. Toutes précieuses -et apprécié par beaucoup j'en suis sûr. J'aime cette évocation du Berlin d'avant-guerre que je n'ai connu pourtant que par les livres et les récits. Ta définition de la République de Weimar, qui a laissé Hitler et ses sbires se préparer au pire, est tout à fait juste. Un poème profond, évocateur, sensible, l'oeuvre d'un érudit et d'un humaniste. Je ne peux faire mieux que de t'écrire : "Merci" |
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scorpionne le mardi 08 janvier 2019, à 11:00 Bonjour Philip,
Un poème sombre, angoissant, glaçant. Tu situes ton poème à Berlin mais il pourrait se situer n'importe où ailleurs.
Entre cendres et poussière, oui, un autre demain. Espérons-le meilleur.
Je te souhaite un bon mardi, cher Philip.
Très amicalement,
Jocelyne |
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debbie le mardi 08 janvier 2019, à 11:21 Bonjour Philip, En te lisant on se retrouve dans cette brume et on respire la poussière. On ressent tes mots intensément. C'est sombre et fort comme message. Il y a des images très fortes comme le coeur qui se fige.
Et aussi "Quand brament les damnés**** et que le cœur chaloupe." Mais la fin semble sortir un peu des ténèbres avec ce vert qui apporte un peu d'espoir à l'humanité. "Tu sais, parfois fleurit dans le creux de l’ornière,
Un ultime présage où se cache l’effort. "
J'ai beaucoup aimé ! Merci de ce partage !
Belle journée à toi
Avec toute mon Amitié
Debbie |
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mariepaule le mardi 08 janvier 2019, à 11:36 Coucou Philip
Berlin rêve d'une vie calme en essayant d'oublier la poussière des années antérieures...
il y folte encore en ces années trente le reste d'une lugubre guerre où même la musique ne réchauffe pas...
Tes vers nous plongent en cette époque où tout veut renaître dans la sérénité mais héhas.......
Belle journée Philip
Bisous
Om
Marie
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cristalle le mardi 08 janvier 2019, à 13:53 Bonjour Philip
Tes vers nous mettent en garde contre un fléau que les circonstances peuvent réveiller même si l'histoire ne se répète jamais de manière identique,il faut rester vigilant,on assiste au déclin du capitalisme ultra-libérale de part ses excès et les conséquences sur l homme et même l environnement (problème qui n existait pas dans les années 30) qui pourtant se profilaient à l horizon ,il y a eu "des lanceurs d alertes" jamais vraiment entendus ....Merci Philip pour ce magnifique poème réaliste et profond quel talent tu as pour provoquer en nous par tes ecrits des émotions si fortes!
Belle journée
Amitiés
Martine |
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domidom le mardi 08 janvier 2019, à 17:43 Très bien écrit cette période historique un peu oublié et qui pourtant donne à réfléchir....
De quoi sera demain? Ce fameux péril jaune, serait-il à notre porte ?
Que faut-il penser? Il est hélas des histoires qui se répètent, mais bon, essayons de rester optimiste...
J'ai aimé te lire et te relire...
Ma récréation est finie, peut-être à demain...
Bisous, Domie |
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Philip (Jardin de Lune) le mercredi 09 janvier 2019, à 05:39 Pour YVES (La Mouche) :
Bonjour, Yves.
Merci pour ton commentaire.
Oui tu as deviné, l’occasion d’évoquer cette sombre période de l’Allemagne qui devait en précéder une encore plus sombre, sonne comme un cri d’alarme.
Non pas pour affoler, mais pour appeler à la vigilance.
Le « gouffre » il existe bel et bien. Hier, sur une chaine de télévision, Bernard Tapie, les larmes aux yeux disait « les vrais pauvres ils se cachent, ils crèvent dans leur coin ». Merci pour ta lucidité. Tu vois, la poésie permet aussi les cris d’alarmes, sous quelque forme que ce soit. Amitiés. Philip.
Pour RENE (Rivaudais)
Comme ton compliment me touche cher René.
Oui, je n’ai de facettes que celles de mes multiples passions qui n’ont pour but que j’essayer de comprendre notre monde. Cela ne m’exempte pas de défauts, et se connaître soi-même est souvent plus difficile.
Poète, oui, je pense l’être (sourire !). Ma passion pour l’Histoire n’est pas nouvelle. D’ailleurs, je peux te dire que si l’on cherche quelques comparaisons avec ce qui se passe dans notre pays, dans le régime de Weimar, mais en France – en mettant de côté la Révolution Française – au XIXème siècle, on notera un même état d’esprit tant à la fin de la monarchie de Juillet qu’à la fin du Second : un peuple exacerbé de trop de misères et d’inégalités.
Pour le reste, mon esprit humaniste, oui, je le revendique fort. Tu sais bien que je revendique l’humanisme comme le fait de vouloir relever la dignité de l’Homme et la mettre en valeur.
Pour JOCELYNE (Scorpionne) :
Bonjour Jocelyne.
Oui, le mot « glaçant » est tout à fait approprié à l’ambiance que j’ai voulu pour ce poème. Je ne suis pas particulièrement un poète de la « sombritude » (!!!), c’est plutôt un regard que je porte sur l’être humain et la face souvent douloureuse d’une humanité qui a pourtant tout pour être heureuse.
Et les temps que nous vivons, sans dramatiser à l’excès, mais en étant lucides et vigilants, nous appellent à nous questionner sur tant de « pourquoi », même en faisant usage de la poésie.
Belle journée à toi, Jocelyne. Très amicalement. Philip
Pour DEBBIE :
Hello, Debbie. Oui, quand on se plonge dans ces heures sombres de l’histoire, on ne peut être indifférent, et l’on est à peine dans l’imaginaire, puisque ces heures ont existé et l’on en connait les détails.
Mais le propos ne se veut pas d’être pessimiste, car l’être humain a démontré heureusement, dans sa grande Histoire, qu’il a encore de la raison et qu’il sait se relever. Et de toute façon, il y va de sa survie.
Belle journée à toi et toute mon amitié, Debbie. Philip.
Pour MARIE :
Coucou, Marie. Tu as bien résumé l’ambiance de ce que pouvait être Berlin à cette époque. Et surtout, tu as souligné également combien les rires et l’amusement étaient factices. D’ailleurs, une bonne partie des gens n’avaient même plus le privilège de s’amuser. On relèvera que plus tard, pendant près de trente ans, les rires étaient tout aussi contraints à l’ombre du Mur !
L’Histoire nous apprend à faire preuve de raison et d’être à l’aguet.
Belle journée, Marie. Gros bisous. Philip
Pour MARTINE (Cristalle) :
Bonjour Martine. Ton propos est également très juste. Quand je disais plus haut à Marie, qu’il y a lieu d’être aux aguets, tu évoques ceux que l’on appelle « les lanceurs d’alerte » et pourtant l’on a peine à entendre leur message dans le tohu bohu d’une information continue. Pourtant, le danger est sous nos yeux.
Pour mon écriture, je ne pense pas qu’il s’agisse de talent. Je me suis toujours immergé comme un comédien qui s’imprègne de son rôle, tant dans un imaginaire fabriqué qu’en essayant de mettre en situation à l’écoute de l’Histoire. Avec, bien sûr un risque d’erreur. Cela me permet de vivre mieux ce que j’écris et d’en restituer une émotion, évidemment toute personnelle.
Pour DOMIE :
Coucou Domie. Comme tu le soulignes, il est nécessaire d’être optimiste. Bien sûr mon récit poétique n’est pas des plus joyeux. Tu le sais, je suis très mauvais dans la poésie joyeuse ou atmosphérique.
Et puis, la poésie a également servi de vecteur pour porter l’émotion de l’époque et sans doute faire prendre conscience.
Quant au menaces qui peuvent guetter le monde, on verra comment tournera notre Terre demain. Qui eut pensé un jour que la Chine deviendrait une puissance économique qui pourrait bouleverser la donne. Qui pourrait penser qu’un jour l’Homme, jour après jour allait blesser sa planète, martyriser la Nature ?
Mais, soyons optimiste.
Et moi, je te fais de gros bisous. A très bientôt Domie. Philip. |
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Susan* Coquelicot * le mercredi 09 janvier 2019, à 07:23 Coucou Philip !
Cette excellente série télévisée, "Babylon Berlin" t’a inspiré des vers sur la décadence d’un peuple …
Ton poème est sombre et angoissant, je comprends ton ressenti puisque je regarde cette série qui ne peut pas nous laisser indifférents !!!
Tes mots sont forts et puissants et nous rappellent ce que nos parents ont vécu avant la deuxième guerre mondiale …
J’entends encore les récits de mon père, qui s’il était encore de ce monde, saurait nous mettre en garde sur ce qui se passe en France et ailleurs !!!
Merci pour ce poème réaliste et humaniste …
Quant à la chanson je l’adore , dès que je l’ai entendu , j’ai pensé au groupe allemand Rammstein …
Mais aussi à Amanda Lear interprétant *Lili Marleen* dans les années 80 qui a un peu le physique de la chanteuse du film "Babylon Berlin" !
https://www.youtube.com/watch?v=5M4ZHc1NNj8
Bisous Philip et belle journée.
Susan
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Philip (Jardin de Lune) le mercredi 09 janvier 2019, à 13:29 Pour SUSAN :
Oui, il fallait une force dans les mots pour souligner, ce que l'on ne voit pas en premier lieu, la misère alors que d'autres s'amusent. S'amusent ???Une pitoyable parodie de fête pour éviter de penser à une catastrophe à venir. Ce qui fut le cas à la fin de cette période de l'Allemagne qui allait bientôt connaître pire.
Les chansons et leurs interprètent renforcent la parodie.
Bisous. Philip
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micheline1940 le jeudi 10 janvier 2019, à 07:52 Un texte sombre qui grève le cœur d'un affreux passé qui restera gravé dans l'Histoire, par delà nos vies, salissant un Futur qui s'essaiera au Meilleur, et du mieux qu'il le pourra, enfin, c'est ce que j'espère de toute mon âme !
Votre écriture est toujours si belle, surtout dans des textes où l'or et la pourpre des morbides passions ( Visconti) se mêlent savamment aux horreurs qu'elles distillent et propagent...
Bien amicalement, cher ami, et à très vite vous lire !
Belle journée à vous,
Micheline. |
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Philip (Jardin de Lune) le jeudi 10 janvier 2019, à 13:29 Bonjour, chère Micheline,
Le résumé de votre ressenti, quant au thème de mon poème est parfait. Parfait dis-je, non point pour flatter, mais parce que cela résume ce que l'on doit retenir du passé, pour ne pas faire les mêmes erreurs (par faiblesse pour par inconscience) demain.
Pour ce qui est de l'écriture, j'essaie juste d'honorer humblement mon amour immense de la littérature.
Je vous souhaite une belle journée, Micheline. Prenez soin de vous.
Avec toute ma constante amitié.
Philip.
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liameliavq le dimanche 13 janvier 2019, à 09:15 Des alexandrins superbes, étincelants, comme un négatif de cette période sombre de l'histoire.
Une musique mélodieuse de vers comme un leitmotiv de la gaieté futile, factice et illusoire de cette époque transitoire imprégnée de terreurs et d'horreurs qui se fomentaient dans le silence et l'ombre...
Le devoir de Mémoire prend tout son sens pour nous appeler à la vigilance.
Merci de cette poésie profonde et riche de tant de références culturelles.
Amitiés.
LN. |
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Philip (Jardin de Lune) le dimanche 13 janvier 2019, à 10:55 Pour HELENE :
Merci d'avoir aimé, non seulement la forme mais le fond du poème.
L'idée me donnait la faveur de soigner tout à la fois la prosodie que d'apporter la touche émotionnelle qui convenait au message. Tout en "scénarisant" l'histoire pour permettre au lecteur de lui faire l'honneur de s'imprégner de l'ambiance particulière de l'époque décrite.
Cela semble avoir été le cas, et je m'en réjouis.
Tu as bien perçu tous les contrastes de cette époque, l) où ça ne se déroulait pas chez nous.
Quand au "devoir de mémoire" il est indispensable. Le carpe diem ne dispense pas de ne jamais oublier au présent comme au futur les maux de notre Humanité.
C'est moi qui te remercie pour l'intérêt que tu as porté à mes vers.
Amitiés. Philip |
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