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Une vague colline, émouvante splendeur
Monte à l'assaut des jours, arrose ma mémoire
Au son d'une fontaine un trouble maraudeur
Avec délicatesse ouvre la vieille armoire
Tout comme une maman qui vous prend dans ses bras
L'écho d'un tendre émoi, vient ranimer l'enfance
Et le doux rossignol retrouve son lilas
Alors renaît en moi l'image d'une France
Gardant au coin du cœur l'amour de son écrin
La tendresse des ans attiédis sous les feuilles
Que ne connaitrons point les enfants de Martin
Ces jours ensoleillés cernés de chèvrefeuille
Qui chantent dans mon for plus que ces lieux communs
Sans romantisme aucun, sinon le vilain vice
Au désastre roulant des métros et des trains
Que pointe de l'index cette folle injustice
Les vivants souvenirs restent de bon aloi
Je préfère à Paris la lumière des pierres
Revoyant mon clocher, je retrouve la foi
Celle des épis mûrs, pas celle des prières
Je guette prisonnier la promesse des fleurs
Là-bas un chêne obscur étreint en son écorce
Le soleil insensé dissonant les malheurs
D'un gracile frisson devenant une force
Pour un regard de source il m'arrive souvent
De creuser le sillon de mon âme attendrie
D'un parfum de muguet, d'embellir le présent
Du terroir séculaire où l'aube sanctifie
Le moindre rendez-vous de la prime saison
Du ludique baiser que trame une cerise
En la main épousée avinant la raison
D'un rêve fraternel, jusqu'au seuil de l'église
Divins coquelicots, qu'un nombre d'or bénit
Quand flambe la forêt, neigeuse d'aubépines
Qui laisse dans la bouche une saveur de fruit
Sur la terre ancestrale où courent mes racines
Je me tourne parfois quand avril apparaît
Sublime à tout égard, Vers la draille angélique
Menant à l'abreuvoir, semblable aux jours de mai
Qui attachent à mes yeux un ruban romantique
Au prénom de Sylvie et l'appel d'un ruisseau
Un beau sentier d'estive envahit mon automne
Le silence est en moi plus riche qu'un oiseau
Alors revient le chant que la fontaine entonne
Sans cesse chaque jour au centre de Bavans
J'y revois un enfant aux pages de l'eau vive
A lâge des bouquets, des regards alléchants
Adolescent rêveur que chaque ange captive
La main pleine de fleurs, reprend son bel envol
De la clarté des Cieux, je froisse la pénombre
Ce soir un pur élan souffle l'or sur mon sol
Et renaît en mon coeur les étoiles sans nombre
Un arbre de l'orée, église des époux
Accueille maint été la lettre solennelle
D'un amoureux vieillard, récitant à genoux
L'Hosanna du passé qu'une larme cisèle
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