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Secrets cachés au fond de la Vologne (1)

le vendredi 21 décembre 2018, à 17:50. Posté par Philip de Berg


    SECRETS CACHES AU FOND DE LA VOLOGNE (I – MURIEL)

    (2 novembre 1984 – première audition de Murielle Bolle
    Gardée à vue sur le fondement de l’article 62-2 du Code de Procédure pénale)

    Secrets cachés au fond de la Vologne,
    Et quand j’y pense, j’ai le cœur qui cogne….

    Quand mon souffle, couleur de larmes,
    Terni par la contrainte de ma complainte,
    Apeuré par ces voix qui claquaient comme des armes,
    Me faisaient vaciller sous le joug de la crainte,
    Je confondais à jamais raison et damnation.

    Mes mots ne m’appartiennent plus,
    Je les ai vendu au Diable, peu importe,
    Ce ne sont que des cris, des refrains dissolus,
    Et quand bien même un jour je ferme la porte,
    Je confondrai toujours folie et compassion.

    La pièce est glacée malgré les néons qui saignent
    Et les mots qui violent, lentement embrasent l’Invisible
    Qui s’effare soudain quand dehors les vents plaignent
    Chaque pleur au sanglot inaccessible.
    Je maudirai un jour ma funeste invention !

    La nuit semble plus noire et plus vorace,
    Jetant à mes pieds une flamme froide et blême.
    Combien d’heures à suffoquer, sans refaire surface,
    Ou ni même oublier l’effrayant stratagème.
    Pour effacer, un jour peut-être le gout amer de l’affliction.
    --------------------------------------------------------------------------------
    Les années ont passées, je revois encore les murs froids
    Et la blessure du soir tandis que les hommes hurlent.
    Mes gestes sont plus lents et mes mots maladroits.
    J’ai perdu le sommeil, les souvenirs qui brûlent.

    Secrets cachés au fond de la Vologne,
    J’y pense encore et j’ai le cœur qui cogne….

    (Trente-trois ans après, la chambre de l’Instruction de la cour d’Appel a estimé que la garde à vue de Murielle Bolle n’était pas conforme à la Constitution)

    (Photo : Philip, "Lepange-sur-Vologne, Vosges"

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commentaires ( 12 ) (Ajouter un commentaire)
Philip (Jardin de Lune) le vendredi 21 décembre 2018, à 18:01
Le temps m'a manqué pour écrire, mais aussi commenter les ami(e)s.
J'avais envie d'écrire une série "tant réaliste que poétique, et avec toute la pudeur requise, sur l'affaire Gregory (Villemin), drame de la vie, jamais élucidé depuis plus de 30 ans.
Il y a peu de temps, des rebondissements (???) sont apparus, sans éclairer cependant la vérité.
Je commence par une séquence, celle de la garde à vue de Murielle (15 ans à l'époque du drame) personnage clé de l'affaire.
C'est un texte de fiction, et il ne présume pas de l'état d'âme de cette personne pendant sa première garde à vue que relate le poète.
D'ailleurs nous sommes ici à la limite de l'intime et de la vie privée, pour les protagonistes d'un drame humain qui a brisé leur existence.
Que soit, si nécessaire, pardonné l'initiative de mon écrit où, j'ai ainsi tenté de préserver la pudeur.
Amitiés à tous et à toutes.
Philip

mariepaule le vendredi 21 décembre 2018, à 21:48
Coucou Philip

Tes vers et mots ont une force, un froid intérieur m'a envahi en te lisant.
Il y a tant de souffrances dans cet triste et regratable assasinat..

Tes vers pourraient très bien être ceux de la pensée de Murielle...

J'ai aimé le fond de ton poème, il est dur et réaliste

Bisous vers toi Philip
Om
Marie

nisti le vendredi 21 décembre 2018, à 22:02
Salut.

C'est très froid et sombre, comme poème. Très bien écrit. La description de cette pièce blanche aux néons qui saignent (magnifique image au passage) est sobre, mais complète la description de l'état psychique de Murielle Bolle.

Ah et je ne pense pas que tu sois à blâmer d'avoir écrit ce poème. Certes, la narration est au point de vue interne, dans le personnage, mais c'est peut-être mieux ainsi. Quitte à incarner un personnage, autant y aller à fond. Et tu l'as très bien fait. Amitiés

debbie le vendredi 21 décembre 2018, à 22:53
Bonjour Philip, un poème écrit avec sobriété et respect je dirais. Une profonde introspection qui contient beaucoup d'émotions. C'est très touchant et ne peut laisser indifférent à la lecture...
Belle fin de soirée
Amitié
Debbie

joeydu30210 le samedi 22 décembre 2018, à 07:16
hello Philip merci de nous rappeler qu'un jour tout a basculer pour Gregory , enquête pietiné et bousculer par tant de bétises humaine ,,, mais qu'il le laisse reposer en paix ! amitiés et bonne fêtes Joey !

Philip (Jardin de Lune) le samedi 22 décembre 2018, à 10:34
Pour MARIE :
Coucou Marie, le mot "froid" revient dans ton commentaire et ceux des autres amies. Le ton l'exigeait.
Pour ce premier écrit sur l'affaire Grégory, j'ai choisi de d'écrire (d'imaginer plutôt) les conditions de l'interrogatoire de la jeune Murielle confrontée à des heures d'interrogatoires dans les locaux dépouillés d'une petite gendarmerie des Vosges. Le propos n'était pas de s'interroger sur la validité du fameux témoignage de la jeune fille, mais de décrire - quelle que soit la véracité de ses dires - le traumatisme qu'elle a vécu de cette garde à vue. De ses souvenirs actuels, il semble bien que ce souvenir douloureux soit présent à jamais.
Il faut savoir que le vice de procédure (sur le terrain de l'inconstitutionnalité) visait le fait que la jeune fille, compte tenu de son âge, n'a été entendue pendant la longue garde à vue, ni en présence de ses parents, d'un adulte de la famille ou d'un avocat.
J'ai osé le support de la poésie pour décrire ses moments, devenus souvenirs, "durs et réalistes" comme tu le soulignes.
Merci d'avoir aimé et d'en avoir perçu le sens. Gros bisous. Philip

Pour NISTI :
Salut Nisti. Toi aussi, bien sûr tu as ressenti l'atmosphère froide (glaciale même) et sombre, dans laquelle j'ai essayé de dépeindre l'ambiance de cette plus que pénible garde à vue.
Il faut dire, que je me suis basé sur le contenu des procès-verbaux.
Cela donne - mais en style poétique - ce qu'aurait pu, de façon plausible, être l'état d'esprit psychique de Murielle.
Avec toute mon amitié. Philip.

Pour DEBBIE :
Bonjour Debbie. Je te remercie d'avoir ajouté aux commentaires qui précèdent le sens de la sobriété et surtout du respect avec lesquels il m'était indispensable, de relater sur un mode poétique, ce douloureux moment qui ne fut nullement une fiction. Je vais - en intercalant bien sûr d'autres nouveaux poèmes - continuer à décrire le drame intérieur de chacun des protagonistes de cette douloureuse affaire. Toujours avec pudeur, autant que cela soit une possible exigence. Amitiés. Philip.

Pour JOEY :
Bonjour, chère Joey, cela me fait bien plaisir de te voir me gratifier de quelques mots. Il faut dire que depuis un mois et demi, moultes obligations m'ont un peu éloigné du site.
Ton propos est, plus même que pertinent, tout à fait HUMAIN.
Un drame singulier qui a meurtri, familles, magistrats….etc...
Et la mort tragique d'un adorable petit garçon qui ne demandait qu'à vivre.
J'ai fait le choix de commencer à raconter cette histoire à partir des émotions si douloureuses qu'ont pu vivre les protagonistes. En essayant de ne pas profiter d'un "sensationnel" déplacé, comme ont pu le faire certains journalistes depuis des années.
L'hommage final, encore plus pudique dans les mots, sera au petit Grégory.
Merci à toi comme pour tous les autres ami(e)s qui m'ont commenté, pour ton humanité. Amitiés. Philip

Pour le cas où je n'aurai pas le temps de poster prochainement, bonne fêtes à tous, très sincèrement.
Philip

scorpionne le samedi 22 décembre 2018, à 14:44
Bonjour Philip,
Il est toujours très difficile (voire périlleux) de se mettre dans la peau de quelqu'un dont on ne sait que ce que l'on a pu lire, ou voir, à travers les médias, les procès-verbaux, les dires des uns et des autres, etc.
A l'heure actuelle, je m'interroge toujours sur l'identité de l'assassin, mais quel qu'il soit, je n'ai aucune empathie pour lui. Il a ôté la vie d'un petit garçon qui ne lui avait rien fait, qui ne demandait qu'à vivre, un petit garçon innocent.
Concernant l'affaire proprement dite, personne n'en est ressorti indemne, pas même les juges qui l'ont instruite. Un drame humain que l'on aimerait qu'il ne se reproduise plus jamais.
La Vologne ne livrera peut-être jamais ses secrets cachés.

Bon week-end à toi, cher Philip.
Très amicalement,
Jocelyne


Susan* Coquelicot * le dimanche 23 décembre 2018, à 08:39
Coucou Philip !
Nous sommes passés dans ce lieu où coule la Vologne …
Une région que nous connaissons bien aux paysages magnifiques.
Trente-trois ans après …
*Secrets cachés au fond de la Vologne,
J’y pense encore et j’ai le cœur qui cogne…*
C’est effectivement un ressenti fort et émouvant, où l’impuissance est toujours là !
Bisous et merci !

Philip (Jardin de Lune) le dimanche 23 décembre 2018, à 08:40
Bonjour Jocelyne.
Oui, l'exercice était difficile et même périlleux.
Même quand on se met dans la peau d'un poème célèbre (je l'ai déjà fait pour Baudelaire, Verlaine et Rimbaud) comment peut-on être sûr que l'on traduit leurs pensées.
Ici, le registre est encore différent. Il s'agissait d'échapper au "fait divers", tout ce déballage qui a meurtri une famille déjà suffisamment anéantie par ce drame. Oui c'est vrai, même les deux magistrats ne sont pas sortis indemne. Quant à la famille !!!
Devais-je laisser le petit Gregory dans l'oubli de sa jeune éternité ? Je ne sais pas. Là nous sommes en poésie et en privé.
Nous sommes passés par hasard, l'an dernier, en prenant une déviation pour aller d'Alsace à Gérardmer, à Lépange en Vologne et dans les villages qui bordent la Vologne. Emotion. La région est pauvre, à 8 km de Gérardmer, station touristique pimpante. Comment imaginer un tel drame ?
Amitiés et bonne fêtes, Jocelyne.
Philip.

Philip (Jardin de Lune) le dimanche 23 décembre 2018, à 09:18
Pour SUSAN :
En effet, cette région des Vosges est magnifique. Mais la vallée de la Vologne surprend : l'on y découvre des villages où l'on devine, un peu en dehors du temps, beaucoup de pauvreté. Quand on sait que ce fut le théâtre de ce drame affreux, l'émotion est encore plus oppressante.
Bon, à l'approche de Noël, le prochain poème sera plus joyeux !
Bisous. Philip

guillaume le dimanche 23 décembre 2018, à 23:07
Chèr Philip, poème très intense en émotions comme je les aiment!!!!!!!!!!!tes mots percutent les émotions et les consciences des êtres humains comme des balles de mitrailleuses!!!!!!si je peux m'exprimer ainsi, c'est très bien écrit!!!!!avec beaucoup de talents!!!!! que j'ai du mal à discerner si ton poème est une fiction où une réalité, mais tes mots sont tranchants comme une hache, voir comme une guillotine!!!!!!quel grand talent!!!!!!quelle grande portée émotionnelle ton poème, tes vers!!!!!! un grand bravo!!!!!!!!!tu pourrais sans aucun doute écrire un roman policier avec brio!!!!!! je sais que tu en as les facultés!!!!!!quel souffle!!!!! quelle puissance cet écrit!!!!!!!celà fait bouger les tripes intensément!!!!!!, et exalte les consciences sur ce drame!!!!!!!on à le sentiment d'entrer dans l'âme , dans la vie de cette femme, de s'insurger contre les injustices qui ont ravagées l'âme et le coeur de cette femme!!!!!!on a qu'une envie d'aider, de consoler cette femme extraordinaire qui à vécu de grandes souffrances atypiques!!!!!!amitiés!!!!! http://www mes poemes.net/funky571/

Philip (Jardin de Lune) le mercredi 26 décembre 2018, à 11:31
Pour GUILLAUME :
Cher Guillaume, merci comme toujours pour tes compliments.
Mais je persiste à dire, ce n'est nullement du talent. C'est du feeling, comme les poètes, dont toi, savent en avoir, et l'exprime de mille façons.
Je ne sais si Murielle Bolle est une femme extraordinaire.
Le but du poème - le premier à évoquer les personnages de ce drame - est juste de montrer comment l'âme humaine peut être dévastée. Sans jugement, et avec le risque de se tromper.
Avec toute ma fidèle amitié, Guillaume. Bien à toi. Philip.

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