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La maladie grave et l'Accompagnant

le mardi 18 décembre 2018, à 09:58. Posté par La Mouche Nounouche


    Je me permets de publier un article rédigé il y a six ans lorsque le diagnostic de mon cancer des cordes vocales avait été confirmé et que tous les regards, gestes et attentions se focalisaient sur ma petite personne. . . :



    Une fois encore je me trouve confronté au problème de l'entourage, face à la maladie d'un proche et j'éprouve le besoin de partager sur ce sujet.

    Le malade est pris en charge au niveau médical : on l'écoute, on l'entend, on tente de remédier à toutes ses douleurs.

    Il est assisté, pris en charge, dorloté, ménagé par les siens, "cocooné".

    De plus il reste acteur lors de sa maladie, il reste dans l'action ou la réaction, en prise directe avec des sensations physiques qu'il peut identifier, voire analyser. Il est en mesure de s'écouter et on l'y autorise.

    Il sait comment et pourquoi, il est aidé par tous les médocs et tous les soutiens qu'on lui manifeste, les messages de sympathie et d'empathie.

    Il reste en mesure de se mettre en capacité de résistance, avec plus ou moins de réussite selon les cas.

    Mais quid de la compagne ou du compagnon ?

    Nous l’appellerons l'Accompagnant, lui qui est souvent exclu lors du diagnostic et des consultations, sous-informé ou totalement ignoré par le corps médical qui ne s'occupe que de Son patient.

    En effet l'Accompagnant reste bien seul et démuni face à son malade, mort d'inquiétude, épiant la moindre petite grimace et devant supporter souvent son irascibilité générée par la maladie.

    Il n'est que spectateur et ne fait que subir, souvent oublié lors des conversations et interrogations qui ne gravitent qu'autour du malade, le pauvre ! ...

    L'Accompagnant est noyé sous ces vagues de sympathie et d'empathie qui déferlent sur l'autre, sans que personne ne se soucie de son propre cas, de ce qu'il pense, de ce qu'il ressent, de ce qu'il vit au quotidien.

    La vie d'un malade ne se partage pas, elle bouffe l'autre, le ronge de l'intérieur, dans le silence requis pour épargner le malade.

    Trop souvent la détresse psychologique et la souffrance de l' Accompagnant restent muettes, secrètes et personne ne cherche à l'aider pour évacuer cette douleur qui peut devenir colère sourde et légitime.

    Il n'y a pas que dans la maladie alcoolique que le conjoint souvent est ignoré voire oublié.

    J'en arrive à me convaincre que le rôle du malade est le plus beau des rôles et qu'on relègue tous les autres acteurs au titre de figurants.

    En plus, j'affirme qu'il est toujours plus acceptable de souffrir soi-même que de voir ou de s'imaginer que ceux qu'on aime souffrent.

    De grâce, essayez d'y réfléchir lorsque vous rencontrerez des familles avec un malade sérieux, d'autant que la santé morale de l'Accompagnant est aussi nécessaire et indispensable à la réussite d'une rémission.

    Ne focalisez pas sur un seul individu, mais pensez d'abord à son entourage qui mérite un accompagnement fort et puissant.

    A méditer, non ?

    La Mouche 17/12/2012

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commentaires ( 4 ) (Ajouter un commentaire)
debbie le mardi 18 décembre 2018, à 10:47
Bonjour Yves, oui il y a matière à réflexion ici... C'est vrai j'ai toujours pensé qu'il était plus facile d'être malade que d'être ceux qui subissent la maladie de leurs proches. Et ce que tu dis est tellement juste. Merci de nous le rappeler.
Belle journée à toi et prend soin de toi
Amitié
Debbie

liameliavq le mardi 18 décembre 2018, à 11:06
Un texte écrit sous le sceau du bon sens et tellement vrai. J'accompagne en ce moment une collègue devenue amie dont le compagnon souffre, et je lui offre mon écoute et des moments de détente ou d'humour pour s'échapper...
Bises.
LN.

Susan* Coquelicot * le mardi 18 décembre 2018, à 19:15
Bonsoir Yves,
Ce que tu as écrit est très vrai ...La souffrance des accompagnants est terrible aussi !
Cela fait deux ans aujourd'hui qu'une "collègue amie" est partie ...Lors de mes visites il était primordiale de la faire sourire ...Je lui racontais des histoires ...Elle me répondait en écrivant sur une ardoise et elle riait !
Et moi quand je lui disais bonsoir en l'embrassant , je ne savais pas si j'allais la revoir !
Je savais qu'il était important pour elle que je sois Susan, celle qui l'a toujours fait rire avec mes petites histoires ...
Merci cher Yves pour ce partage c'est important de rappeler tout cela ...
Bonne soirée !
Bien amicalement.

La Mouche Nounouche le mardi 18 décembre 2018, à 23:04
Merci Debbie, L.N et Susan d'avoir compris cet hommage pour ceux qui ne sont que rarement en lumière. Moi c'est un truc qui me faisait mal pour mon épouse quand elle a du me supporter sans que les autres n'y prennent garde.. En le répétant nous parviendrons sans doute à éveiller les consciences. . .
Amitiés à vous Yves

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