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Le parfum d'églantier enlaçant la vallée,
D'orgueilleux boutons d'or enrichissant le soir;
Ce crépuscule d'ambre émerveillant l'orée,
L'odeur du foin coupé dont l'immense pouvoir
Egrène la langueur aux cordes de la brise,
Ce soir tout m'est pretexte à t'aimer dignement,
Tes cheveux au soleil d'une façon exquise
Profile l'imminence au merveilleux moment.
Dans la tiède campagne où neige l'aubépine
L'invincible bonheur caresse le désir,
Tant l'amour s'impatiente au ciel de ta rétine,
Mêlant à la clarté, ce rêve en devenir.
Le charme de tes yeux comme un miroir flamboie
Et baigne infiniment ton regard de velours.
Véritable bijou dans un bouquet de soie
L'église de ton corps accueille en ses atours
L'idéal beauté, que peut rendre ce monde;
Parure éblouissante embrasant les regains,
Du délice insensé qui dans l'ombre t'inonde;
Oh! corbeille de fruits, au service des mains.
Oh! reine du sous-bois j'adore ton visage
Et ce nectar divin à tes lèvres, cueilli,
Affole ma raison, j'en demeure l'otage.
Sous les arcades d'or, maintenant te voici
Offerte à mes élans, couverte de dentelles,
Tu émerges d'un coup de ce songe indiscret;
Tes beaux yeux serti d'or semblent deux hirondelles
Elevant dans les Cieux le fabuleux secret.
Le vent sur tes seins nus, verse une douce haleine,
C'est la terrasse en fleurs, pour mes premiers aveux;
Savourant tes boutons, je te sens souveraine,
Dans le feuillage doux des dessous capiteux
S'angélisent mes yeux, la braise me pénètre
D'un soleil insensé, la grâce au féminin,
Adorable, imprévue en mon âme fait naître
Des angelots dorés embaumant le jasmin.
Sur ton ventre bronzé, la tendresse se pose;
Ton voile transparent devient mon horizon,
Un feu en moi vacille et je cueille la rose,
Corps à corps le plaisir nous soude à l'unisson.
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