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Que reste-t-il, hélas des bouquets de l'enfance
Quand se profile au loin le marbre du tombeau
Comme un fétu de paille, une simple éloquence
L'écho des temps bénis, devient le bruit de l'eau
Je suis d'un oeil ému le vol bleu des années
Parmi les foins dorés, je revois un gamin
Préfèrant la nature à l'ennui des dictées
Et parfumant ses pas à l'espoir du chemin
La nostalgie en moi, dévideuse de rêve
Ensoleille une rue au coeur du vieux bavans
J'en savoure aujourd'hui, la merveilleuse sève
En évoquent l'écrin lointain de mes dix ans
L'écume des jours blonds sur ma tête bouillonne
Sur les flots en furie un clocher souverain
Au friselis léger d'une harpe, arraisonne
Le trésor fabuleux fleurissant mon destin
Un charme attendrissant encercle d'or mon âme
Surprenante langueur pour un matin d'hiver
Que trouble la distance élargissant la gamme
Suis-je donc ce vieil homme interrogeant ma mer
Du cocon familial, il reste un peu de cendre
L'attachement profond pour ce coin de Comté
Fleurant bon l'aubépine et bien sûr l'herbe tendre,
Demeurera toujours plein de félicité
Son nom est dans mon coeur, il vit dans ma mémoire
En revoyant le Doubs, la terre où je suis né
Un hymne solennel, aux teintes de l'ivoire
Apporte à mon moulin la bonne odeur du blé
Témoin sacré d'hier, le lion de la fontaine
Me parle du passé, en parfumant le vent
D'encre et de foin mûr, d'un été de porcelaine
Quand le long d'un sentier, l'amour s'en va rêvant
J'ai plaisir d'écouter les cloches babillardes
Saluant chaque aurore au pays du Mont d'Or
Et d'entendre l'airain de nos Montbéliardes
Quand au soir de juillet la campagne s'endort
Lorsque tout le terroir avec grâce déroule
Le bonheur indicible ajouré de soleil
Fondant sur les épis une ondoyante houle
Et qu'au sous-bois se fond le dernier feu vermeil
Je retrouve chez moi, l'école maternelle
L'amour de mes vingt ans et l'odeur du sapin
Le souffle du printemps m'emporte sur son aile
Et je revois mon père une canne à la main
Le champ de chez Nicod revient en transparence
Ainsi que mes copains, de même mes parents
Et toute la saveur que te dois mon enfance
Je te les rends en vers, car tu les vaux Bavans
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