|
Chaque nuit, la même chose
Un étrange manège.
Paupières closes
Le cœur s’enneige
Il attend.
Le souffle putride
De l’âge vermeil
Les ongles avides
Le bruit d’abeille
Silencieusement
Près des draps blancs
Se hisse,
Comme en rampant.
Se hérisse
Lucifer
Raide est sa loi
Perfide
L’enfer au bout des doigts
Aride
Inlassablement
Il toise depuis haut
L’angoisse enfantine
Les yeux sans mots
Le fruit sans épine
Halètements
Sous l’épiderme
Un refuge est possible
Malgré le terme
L’horreur indicible
Trahison
Quand a même le sang
Se poursuit la géhenne
Que le mal se répand,
Noir ébène
Intimement
L’égo précipité
Dans la fange abjecte
En silence, à perpétuité
Se projette
Annihilé
Mais le souffle court,
Paupières fermées
La victime de toujours,
Poings serrés
É-crie
Couche la douleur
L’infamie
Les noires heures
Des mercredis
Aphone
Et l’ombre fui
Lâchement
L’enfant s’é-crit
Di-stinctement
Je m’aime, va-t-en
|