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Pas bien loin de Belfort, Au cœur d'un pays d'ombre
Fleurant bon le foin mûr, l'odeur lourd du lilas
Un pays pauvre et riche où des anges, sans nombre
Enchantent les rêveurs, de l'enfance au trépas
A deux pas du Mont-Bart, il est un coin de terre
Qui coule dans mon cœur, par l'eau vive du Doubs
C'est là que j'ai grandi, c'est là que j'ai souffert
Du rire aux larmes d'or, dans les fleurs à genoux
Parmi les tendres verts, d'une émouvante plaine,
Aux pages d'un terroir ceint de coquelicots
Entre le cerisier et le paisible chêne
Où se meurt lentement les merveilleux échos
Il m'arrive parfois aux jours de canicule
De revenir au nid, quand le long du sentier
Ennobli de bleuets, chaque grillon module
A l'heure où le poète écoute émerveillé
Là-bas dans les buissons, sa basilique verte
Le prince des oiseaux, l'orgueilleux rossignol
Il suffit d'un rayon, d'une fleur entrouverte
Tout un passé renaît sans le moindre bémol
Quand l'Ouest brûle enfin, de soleil, d'herbe sèche
J'aime poser mes yeux vers les monts Franc-Comtois
J'y revois mon enfance et mon père qui pêche
Ainsi qu'un joli coeur, ma reine d'autrefois;
Sur la place au village, aux mirages des branches,
Des souvenirs en moi, sanglotent tendrement
Et gardent en mon esprit la couleur des pervenches
Sur les hauts de Bavans une place m'attend
Il est un doux prénom qui chant à mon oreille
Et se couvre d'amour, aux rayon du couchant
Comme au col de la fleur, vient s'enrichir l'abeille;
A l'ombre du clocher qui distille l'antan
Un ruisseau dans les bois, au son mélancolique
Eclabousse mon âme et me parle d'hier
Le vent dans les épis, promène romantique
La douceur de l'été, le mat d'un bateau fier
Oh! j'aimerais revoir, rêverie insensée
Comme un matin d'avril, au balcon de mes yeux
Ceux que j'ai tant aimé, soleil en ma pensée
Ruisselant de bonheur, bien vivant et heureux
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