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Mes plus beaux souvenirs, lorsque j'étais gamin
Fleurant le foin coupé, l'humus et l'aubépine
Me rappelle une vie au merveilleux écrin
Toute une moisson blonde affolait ma rétine
Je me revois assis sous un chêne doré
Ecoutant le pinson, admirant l'alouette
Je lisais le bonheur aux pages de l'été
Mon plus ardent désir, était d'être poète
Rêveur mélancolique amoureux du vallon
J'espérais chaque soir la biche solitaire
Au déclin du soleil la dorure à mon front
m'inspirais quelques vers d'un amour salutaire
Rassemblant en bouquet boutons d'or et bleuets
Un frisson de tendresse édulcorait mon âme
Dans le parfum des fleurs je fardais mes secrets
Des pâleurs du sous-bois en écrivant madame
J'attendais la douceur à l'aube de la nuit
Au moment des grillons quand l'heure s'angélise
Pareil à l'oisillon qui retrouve son nid
Je buvais les senteurs de la colline exquise
Ce passé reculé dort au fond de mon coeur
L'haleine du plaisir parfume mon silence
Et je vois tournoyer une douce langueur
Noble fontaine bleue à la molle indolence
Quand je reviens parfois au bercail familier
Je viens vivre à rebours le temps des hirondelles
Dans ce terroir ceint d'or, de charme singulier
Ainsi rien n'a changé sous les vertes dentelles
Le vétuste moulin me parle d'autrefois
Caressé par le Doubs il paresse, tranquille
Des caresses d'oiseaux émerveillent les bois
Toujours Bavans sera pour ma plume une idylle
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