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le mercredi 17 octobre 2018, à 12:21. Posté
par Spinal
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Tu crois faire l’art
Mais c’est l’art qui te fait
Qui te forge et te fige
T’es façonné et jeté sur la toile
T’es qu’un million de couleur
Tu t’éclates et t’éclabousses
On t’a jeté la boussole
Un kit kat et la mort aux trousses
T’as laissé des traînées
Entrainée par tes coudes
Tu rampes et l’on boit de toi
On se noie de toi
On y croit ou pas
Tu transpires ta pisse
Tu exultes et te tords
Et nous on rit de tes vices
De tes envies de tes remords
Quel spectacle
T’es une putain d’œuvre d’art
Un sacré numéro
Artiste à la débâcle
À la débauche
À la hache
À la poche
T’es la douille de ton tableau
T’as même pas su tirer ton coup
T’essuies le sang sur ton piano
Tu repeins le fond de ton trou
En fait t’es plus qu’un numéro
T’es le code barre sous ta cote
Tu voulais qu’on t’applaudisse
Qu’on te vénère
Qu’on te bénisse
Qu'on te bécote
Croyant écrire le monde
Immortel en lettres de feu
Un dieu qui encore s'attend
Draps blancs fait de satin
Tes prières sur cartes de vœux
Tu sais pas le nombre de fautes
Ni même la taille de ta police
Tous les gens que tu méprises
Ceux de l’envers de ton décor
Ils ont tes tickets en premiers
Et dans leurs mains ton sort
Installés au premier rang
Les doigts dans tes yeux
Pressant le sein sur tes bleus
Tu vaux ce qu’il leur en coute
Du temps pour te rendre cool
Ramenant les foules
Coûte que coûte admirant tes croûtes
Le chef d’œuvre c’est toi
Tu te répands et t’en réponds
Au tribunal du ça dépend
Qui te dépeins et te repent
Puis te dépend et te repeint
Devant ta danse d’ahuri
Pour tenter de quitter le sol
T’es la partition qui flétrit
Ta pourriture en auréole
Et la souris de ton serpent
N’a même pas eu pitié de toi...
Ha la rançon de la gloire !
Se mordre la queue
Se tordre d’aveu
Tu n’appartiens qu’à nous
Et tu cries quand on te presse
Tu hurles et tu supplies
Devant nos cœurs en liesse
Mendiant dans ton coin de folie
Pointant la marque sur ta fesse
Qu’on viendra lécher à l’envie
En humectant ton sacrifice
Qui nous retient du précipice
Car oui artiste sans artifice
Fou et fier
Pauvre et seul
Le quart d’un tiers
Presqu’un linceul
Tu es le plus grand
De ton courage sans mercis
Car si l’on s’arrête sur ton cran
Tu nous sauves la vie
Tu nous sauves la vie....
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