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Les plus beaux souvenirs souvent nous font pleurés
Troublés de longs adieux, de larmes, de prières
Ils caressent nos jours, de parfums vénérés
Et mêlent mortes eaux et remous de rivières
Nos jours ensoleillés, comme angélus des soirs
S'envolent dolemment vers le ciel nostalgique
Leur arpège éclatant, au linceul d'écrits noirs
Déroule un ruban d'or, vaporeux et mystique
Quand l'âme du passé, d'un souffle monte en nous
Vers d'infinis désirs, le présent nous invite
Le soleil au couchant embrase les blés roux
Sur la plage Bretonne une barque est en rade
Dans ce pays de spleen, parcourus de frissons
A l'heure exquise où se fane le crépuscule
S'émeut d'étranges voix, au charme des moissons
Le jour qui meurt ruisselle est la chouette hulule
Dans l'odorant jardin les rêves sont permis
Une éternelle paix récite Lamartine
La maison de Milly, le lac, le crucifix
Sous les chênes d'antan le bonheur s'imagine
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