JARDIN DE LUNE

 

Mes poèmes - Livre d'or - Liens - Moi

 

Les timides sentinelles (repost)

le vendredi 28 septembre 2018, à 07:52. Posté par Philip de Berg


Dans les cœurs des faubourgs où se presse la ville,
Tout chavirés de froid et de tristes augures,
Sont des sentinelles, timides indociles,
Aux regards cauteleux comme des bouffissures.

Ces milords endormis, aux cœurs si transparents,
Regardent au loin passer les belles, au loin, transies,
Tandis que s’aventurent, dans leurs fourreaux d’argent,
Les fiacres monotones, aux parures ternies,

Ces menuets odieux, au rythme du pavé,
Sont des ballets sans vie, à peine ébauchés.
Aux viles meurtrissures, mon âme est écornée,
Et se traîne sans fin, mon cœur est piétiné.

Sur les quais endormis, de blafardes corolles,
Quand, au brouillard venu, distillent les langueurs,
De ces tombes fantômes ou de ces ombres folles
Qui, las de leur trépas, reflètent ma candeur.

Passent les sentinelles vouées à leurs calices,
Leurs timbales d’argent, tamarins veloutés,
Elles n’ont, de leur chagrin, que ruses corruptrices,
Je n’ai pas d’autres rives à vous faire traverser.

Si vous les rencontrez au bord d’un précipice,
Prêtes à se pardonner leurs futiles envols,
Songez que j’ai donné, cantates délatrices,
Un peu de mon espoir qui au loin caracole.

(Illustration : "les sentinelles du désert"

<< Retour aux poèmes

 

commentaires ( 11 ) (Ajouter un commentaire)
debbie le vendredi 28 septembre 2018, à 14:05
Bonjour Philip, une poésie très berçante, les mots m'ont fait revenir très loin en arrière assise sur une balançoire. J'avais ce mouvement en moi à la lecture. Une poésie bien mélancolique que celle ci, mais je ne suis pas certaine d'en avoir complètement saisi le sens. profond. Mais j'ai beaucoup aimé cette partie
"Ces menuets odieux, au rythme du pavé,
Sont des ballets sans vie, à peine ébauchés.
Aux viles meurtrissures, mon âme est écornée, Et se traîne sans fin, mon cœur est piétiné " J'aime beaucoup les ballets sans vie, c'est une image très forte ! Après un autre vers qui m'a beaucoup touché c'est " Je n’ai pas d’autres rives à vous faire traverser. " Ce vers peut être interprété de tellement de façons, c'est ce qui en fait toute sa profondeur. Merci pour ce très beau
repost Philip !
Bon weekend
Amitié
Debbie

shine007 le samedi 29 septembre 2018, à 00:18
Bonsoir petit frère,
Je mentirais si je dis avoir compris tous les mots qui se trouve sur le poème, car il y'a des mots très difficile et incompris for me comme ( cauteleux, boufissures,milords,blafardes corolles, ect....
Mais je trouve que l'ecrit est profond pour des personnes comme moi,a leurs début linguistique français.
Bonne soirée brother...:)

Philip (Jardin de Lune) le dimanche 30 septembre 2018, à 08:23
Pour SHINE :
Hi, sister.
Oui, il y a de la profondeur dans ce poème et malgré que tu ne sois plus à tes débuts linguistiques français (tu parles parfaitement le français courant, hhh ! ), mon poème contient beaucoup de mots anciens où qu'on utilise rarement.
L'histoire du poème ?
C'est pour résumer; un peu la tristesse des gens qui se sentent perdus dans les grandes villes, comme des anonymes, des gens qu'on ne regarde plus.

Bon, je vais essayer de te traduire les mots anciens, avec les mots anglais les plus proches et les plus simples :
- cauteleux : means insincere, hypocrit
- boufissures : means "like puffy"
- milord : means aristocrat
- blafardes corolles : means "pale flower"
Voila, petite sœur. Bisous. Philip

Philip (Jardin de Lune) le dimanche 30 septembre 2018, à 09:33
Pour DEBBIE :
Merci d'avoir aimé ces vers, mais je dois dire qu'en effet, le sens du poème n'est pas évident. Et comme c'est un ancien re-post, je n'ai plus la mémoire de l'intention poétique !
Alors je pourrai-dire, comme je l'ai dit à Shana, ci-dessus : "c'est un peu la tristesse des gens qui se sentent perdus dans les grandes villes, comme des anonymes, des gens qu'on ne regarde plus."
Oui, avec le recul le "je n'ai pas d'autres rive à vous faire traverser" a de la profondeur, tant dans son ellipse que dans son message un peu énigmatique.
Beau dimanche à toi, Debbie. Amitiés.
Philip.

Susan* Coquelicot * le dimanche 30 septembre 2018, à 09:48
Coucou Philip !
Dans ton poème je sens une certaine nostalgie …
Peut-être celle d’une ville que tu aimes qui pourrait être Paris, cette ville où l’on découvre encore de merveilleux quartiers où l’on se promène dans des passages qui font penser au Paris d’antan !!!
Par contre, je n’ai pas trop compris le choix de l’illustration …
Bon dimanche ensoleillé !
Gros bisous.

Philip (Jardin de Lune) le dimanche 30 septembre 2018, à 11:23
Pour SUSAN :
Si je me souviens bien, le poème original a dû être posté à une période d'automne proche de l'hiver ou d'hiver. Je l'ai pris dans mes archives de poème sauvegardées. Si on le retrouve sur mespoemes, l'illustration devait être une peinture impressionniste montrant des gens marchand près de Notre Dame, au bord de la Seine, pressés, par un temps gris. J'avais écrit ce poème et choisi l'illustration probablement à la suite d'une balade au Quartier Latin. Le choix de la nouvelle illustration ?
C'est parce que je ne retoruvais pas la précédente et j'ai tapé "sentinelle sur Google.
L'explication du poème c'est à peu près ce que j'ai écrit à Shine et à Debbie.
Gros bisous. Philip.

micheline1940 le lundi 01 octobre 2018, à 10:24
Bonjour cher Philip
Un superbe texte qui prend aux tripes et dont la beauté n'est point superficielle. Coup de poing au plexus, et puis on se laisse porter par vos magnifiques vers...
Un délice à savourer en connaisseur !
Bien à vous, cher ami, et portez-vous de la meilleure façon du Monde, vœux que je formule en toute amitié !
Micheline.

Philip (Jardin de Lune) le mardi 02 octobre 2018, à 05:19
Pour MICHELINE :
Merci pour votre ressenti et l'émotion que vous a donné ce poème, déjà ancien, que j'ai reposté. Je n'avais qu'un vague souvenir des circonstances dans lesquelles j'avais écrit ces vers. Puis cela m'est revenu : un témoignage bien gris de ces fantômes de passants, marchand un peu comme des somnambules dans Paris, près des rives de la Seine, un matin d'hiver froid.
Ca a donné ce poème qui, oui, peut prendre aux tripes. J'aime mettre en écriture ces moments de vie où je suis un observateur bien malgré moi.
Avec toute ma vive amitié. Philip.

shine007 le mercredi 03 octobre 2018, à 08:05
Bonjour petit frère,
Merci d'avoir pris le temps pour me donné la signification des mots anciens...
Ce qui donne now en relisant le poème,une autre vue....bien que comme tu le dis: les gens ne se regardent plus...ils passent l'un a coté de l'autre sans voir les traits dessinés sur leurs visages....toujours pressés et le pas rapide...
Bonne journée brother....:)

cristalle le mercredi 03 octobre 2018, à 13:39
Bonjour Philip
J aime beaucoup l écriture et les mots peu usités qui rendent l atmosphère encore plus sombre et froide de cette ville ou "les sentinelles"(mot qui en dit long) au bord du précipice nous obligent à une prise de conscience alors que chacun fuit "dans sa zone de confort",ton poème est plein de profondeur,à lire et relire,les images se superposent dans nos yeux à chaque pas à condition d y prêter attention.
Merci de nous faire partager tes écrits si émouvants avec tant de talent (comme j aimerais avoir un vocabulaire aussi riche,la langue française est d une telle variété! )
Belle journée
Amitiés sincères
Martine

Philip (Jardin de Lune) le mercredi 03 octobre 2018, à 18:38
Petite sœur,
Je suis très heureux que mes explications sur la signification des mots anciens ou inhabituels dans ce poème, t'aient permis de regarder différemment de sens de cet écrit.
J'ai préféré de donner le synonyme en anglais. C'est plus parlant. Mais c'est une traduction simplifiée.
Exemple : "corolles blafardes", je t'ai dit "pale flowers" car "blafard" c'est très pâle, presque cadavérique, et la corolle, c'est en fait ce qui entoure la fleur". Donc l'essentiel c'est que tu as pu comprendre mieux le sens du poème. Ca ne m'a pas pris beaucoup de temps de te l'expliquer et ce fut un plaisir, sister. Bisous. Philip

Pour MARTINE :
Bonsoir, Martine. Oui, tu as raison, l'emploi de mots ou d'association inhabituelles contribuent à renforcer le côté sombre et froid comme tu le qualifie.
L'exemple des "corolles blafardes" que j'explique ci-dessus, sans être particulièrement compréhensif, accentue le malaise. Et c'est voulu.
Pour ce qui est du vocabulaire, je crois que simplement mes études de droit qui furent à la base d'un métier où l'écriture doit être précise donc riche, m'a donné un registre lexical plus étendue. Eh, toi, tu as fait des études de biologie, c'est normal.
Puis il y a ma passion de toujours de la littérature. Et notre langue française est d'une incomparable richesse. Voilà, j'ai tout dit, Martine.
Avec toute mon amitié. Belle soirée.
Philip.

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet