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Compostelle ….le chemin du compost.
Chemin de Compostelle
Où j’ai pas composté
Le ‘’ ticket ‘’ que Christelle
M’avait pourtant filé.
Chemin de Compostelle
Sentant bon le compost
Où j’ai fini en brêle
Les deux jambes en compote.
Chemin plein d’évasion
Où j’ai marché tout seul
Sauf sur quelques portions
Avec un épagneul.
Chemin dans les forêts
Où j’ai pris plein de ‘’ bûches ‘’,
Les genoux couronnés
Sans rencontrer trucmuche.
Chemin de randonnée
Où j’ai fait des rencontres
Mais sans prendre mon pied…
Course contre la montre.
Chemin pénible et dur
Rempli de ‘’ coquillards ‘’
Qui sac à dos mesurent
Combien ils sont jobards.
Chemin où l’on s’essouffle
Sur un Mont de piété.
J’en avais plein mon coufle
Dès le Puy en Velay.
Chemin où je m’engage
En dehors de la foi…
Ce n’est plus de mon âge
Car il est trop étroit !
Chemin, sentier boueux
Où prenant du recul,
Moi le pauvre bouseux,
Mes chaussure s’éculent.
Qu’est-ce que j’en ai bouffé
Des tas de kilomètres
Où au milieu des champs
J’ai tout envoyé paître !
Chemin qui mène à rien
Mais où l’on va vers tout…
Hordes de pèlerins
Marchant dans la gadoue.
Chemin fait pour des pieux
Qui ont quittés leur lit
En disant : ‘’ Nom de Dieu !
Qu’est-ce que je fais ici ? ‘’
Chemin tel une épreuve
De la frugalité,
Où sans faire peau neuve,
Je me suis fait tanner.
Quand je suis arrivé
Fourbu, dans la Galice,
Je me suis dit : ‘’ néné,
Fais toi masser les cuisses.’’
Bien sur que j’ai eu droit
Dans une chambre d’hôte
Aux mains de Rebecca
Flirtant sous ma culotte.
Je vous jure j’ai fait
Pas mal de marathons,
Mais là, j’étais vidé,
Plus de jus mon bichon.
C’est sur, j’ai rencontré
L’amourette en chemin
Où deux dans un duvet
Tu n’est plus puritain.
Car avant de toucher
Les fameuses reliques,
Certaines préféraient
T’ouvrir leur basilique.
Oui, j’ai vécu des nuits
Pleines d’égarements,
Des bivouacs ou Jean-Louis
Se montrait engageant.
C’était un ancien moine
Qui était défroqué
Et cherchait tout les ânes
Qu’il aurait pu monter.
Et moi, puisque j’étais
Chargé comme un baudet,
Jean-louis l’animalier
Rêvait de me brouter.
J’en ai connu bien d’autres,
Des vraiment torturés
Qui venaient en apôtres
Se faire baiser…les pieds.
Au Col de Roncevaux,
Pendant qu’on batifole,
Roland m’a dit : ‘’ tchao !
J’ai trop mal aux guibolles ! ‘’
Sachant que Charlemagne
Ne peut pas revenir
Aussitôt il se magne,
Pressé de déguerpir.
Chemin de nids de poules
Où dans mes sandalettes,
Avec pas mal d’ampoules
J’éclairais la planète !
Chemin ou je regrette
Mes vieilles charentaises
Et le lit de Suzette
Où j’étais plus à l’aise.
Ici, moins de confort,
Je suis à l’étriqué
Au milieu d’un quatuor
Qui commence à ronfler.
Dans la pièce commune,
Une odeur de chaussettes….
Et là, quand tu la hume,
Tu en prends plein la tête !
Bien sur, je l’ai aimé,
Ce célèbre chemin
Que j’ai bien commencé
Mais sans en voir la fin.
Car sachez qu’à Saint Jacques
J’ai jamais mis les pieds,
C’est rien qu’un cul de sac
Où faut pas s’engager.
Mais depuis, croyez moi,
J’en ai fait du chemin…
Un long chemin de Croix
Pour devenir un Saint.
Claude écrit le 10 Septembre 2018
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