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Je cueillais sans plaisir, jadis sur un chemin
A l'heure du berger quelques fleurs d'aubépine
Le cœur mélancolique ombré par le parfum
Heureux d'entendre au bois, sous l'or, sourdre l'ondine
Je vis venir à moi, sans couronne à son front
Une étrange beauté, pleine de transparence
Son regard émouvant nimbait tout l'horizon
Parmi mes souvenirs ses yeux donnaient naissance
Aux roses de l'enfance épousant le soleil
Ce désir de construire une échelle aux doux rêves
Le pinson saluant l'aube à son réveil
Où les torrents abrupts se prennent pour grèves
A sa main une coupe éblouissait mes mots
Belle, sourire ardent, elle semblait un ange
Au fond de son regard, brillait mille joyaux
Etait-ce une princesse, une blanche mésange?
En savourant son corps, j'enrichissais mes yeux
Du plus sublime envol de la beauté du monde
Espèrant un bouquet, j'avais le merveilleux
<<Une brassée en fleurs que le soleil inonde>>
Cette biche au sous-bois adressait alentour
Bouche close, cils brûlants, son serment mémorable
En tombant à ses pieds, je me couvris d'amour
En jurant de n'aimer qu'une muse adorable
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