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Mon frère, mon ami, mon amant
Laisse-moi t’écrire ces quelques lignes
Qui consoleront peut être ton cœur torturé
Tu es une très belle personne
Tu m’as apporté bien plus que je n’ai su le faire
Je te donne cela
Tu m’as laissé un soir
Tu as brisé l’univers
Toutes les paillettes d’espoir
Tu les as mises à l’envers
Je t’avais laissé un jour
Les pieds dans mon cœur perdu
Chercher les lambeaux d’amour
Au fond d’un puits suspendu
T’avais la force d’y croire
J’ai mis les miettes dans ton verre
T’as bu les bleus d’une histoire
Devant mes mains dans la terre
Quand ma tète part faire un tour
Passant mon corps dépendu
Tu es muet comme un sourd
Et je n’ai rien entendu
J’devrais t’empêcher de voir
Le feu de la mise en bière
Et puis te priver de boire
Tous ces raisins de colère
T’as dû crier dans un four
Voyant mon sang répandu
Et c’est mon souffle si lourd
Qui t’as enfin répondu
Je t’ai blessé dans le noir
Me suis jetée à la mer
Noyé tes pleurs dans la Loire
Juste pour m’y voir à travers
Je voudrais faire un détour
Revoir ton corps étendu
Baiser tes plaies alentour
De mon amour attendu
Tu as été mon abreuvoir
Et j’étais ton bourreau de fer
Je veux réparer le miroir
Si tu savais comme je veux faire
Que ton pardon fleurisse autour
De ma dépouille qui s’est vendue
Pour quatre sous à un vautour
Que la solitude a rendu
J’écris ces mots sur un mouchoir
Je grave un pardon sur la pierre
Puisses-tu casser tous les fermoirs
De mes parures de cimetière
Mes larmes coulent sur ton contour
Nourrissant mes roseaux tordus
Tous envolés les calembours
Et la carapace a fondu
Je me surprends dans un tiroir
A te voir en plafond de verre
Te tends la main du désespoir
Je veux revenir en arrière
Arrêter le compte à rebours
Dans un éclair d’inattendu
Et ton sourire en abat jour
Plus jamais le voir descendu
Le temps de ma résurrection, je te dis un grand merci
Tu mérites le monde entier
Fais en le recoin de ton bonheur
Et si je ne peux pas faire en faire parti
Sache que je ne t’oublierais jamais
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